Arianee veut délivrer des passeports numériques à chaque produit

certification digitale des objets de valeur @clesdudigitalConsortium indépendant de statut associatif, Arianee réunit de grands fabricants afin de construire un protocole standard de certification digitale des objets de valeur pouvant être utilisé par l’ensemble des marques de luxe, mode, beauté, automobile.

Les produits, en particulier ceux à haute valeur ajoutée, devraient tous bientôt avoir leur passeport numérique. C’est en tout cas la conviction de Pierre-Nicolas Hurstel, CEO et cofondateur d’Arianee, un consortium indépendant de statut associatif créé en 2017 qui réunit de grands industriels et marques de luxe. Sa mission est de construire un standard global pour la certification digitale des objets de valeurs, enregistré dans une blockchain, et qui est destiné à faciliter la création de nouveaux services. «Nous sommes persuadés que chaque produit aura un numéro unique qui indiquera où il a été fabriqué, avec un recueil d’informations propres à chaque marque. L’utilisation de la blockhain où ce certificat digital sera enregistré, permettra à plusieurs entreprises d’utiliser un système commun sans risque ». L’association veut aussi contrer les puissants Facebook ou Google qui captent aujourd’hui beaucoup de valeur et de données pour leurs propres comptes.

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Pierre-Nicolas Hurstel

Le protocole qu’il développe permet de rattacher une identité numérique unique, infalsifiable et augmentée à chaque objet et cette « carte d’identité » digitale ouvre un nouveau canal de communication perpétuel, sécurisé et anonyme entre les marques, les propriétaires et les objets. Ce passeport pourra être lu grâce à un lien, par NFC, scan, QR code. La solution est basée sur la technologie de la blockchain. Elle est en mode open source et n’importe quelle marque peut construire ensuite sa propre application de type wallet. « Les marques peuvent faire appel à leurs propres développeurs mais la plupart nous sollicitent pour qu’on les accompagne. Nous leur donnons accès à des applicatifs, des outils gratuits et testons des cas d’usage » précise Pierre-Nicolas Hurstel.

« La relation que les marques auront avec leurs clients est au cœur de ce nouveau service et de ce nouveau mode de communication. Les marques doivent aujourd’hui augmenter la valeur de leurs produits en y ajoutant des services à valeur ajoutée mais le plus souvent ces produit ne sont pas connectés. Sans ce passeport, une montre qui a été volée pourra être revendue sur n’importe quelle plateforme»,

ajoute le dirigeant. Le consortium a pour l’instant développé une application mobile qui héberge un wallet pour vérifier l’authenticité des produits et qui pourra faciliter leur revente en réassurant l’acheteur. D’autres programmes comme les garanties, ou pour la fidélité, vont pouvoir y être intégrées. Le système se connecte via des API aux systèmes d’information. « Nous pouvons aussi imaginer des actions de clienteling. La marque pourra communiquer avec le propriétaire d’un produit via le wallet sans qu’il ait besoin ni d’ouvrir un compte ni de se faire connaitre. Nous pourrons aussi ajouter des fonctions intelligentes autour d’un « smart closet », ou dressing intelligent, ou encore offrir la possibilité aux marques de beauté qui sont dans un marché très « intermédié »  d’interagir avec leur clientèle ».

certification digitale des objets de valeur @clesdudigitalAide à la revente

Une douzaine d’entreprises dont Richemont et Breitling ont aujourd’hui rejoint l’association qui travaille aussi avec des partenaires comme GS1, la start-up Place2Swap spécialisée sur le marché de la seconde main (qui vient de lever 750 000 euros) ou encore Reflaunt qui permet aux détaillants d’offrir un service de revente ou de dons de leurs achats en un clic à partir de leur site e-commerce. Le modèle économique est basé sur l’achat de jetons monétaires ou Token, une crypto-monnaie spécialement créée et baptisée Aria. D’ores et déjà, un premier cas d’usage est déployé avec la marque de prêt-à-porter Ba&sh qui a souhaité mettre sa marque au service de toute sa communauté. « Le but était d’aider une cliente à revendre l’article de la marque qu’elle gardait dans son dressing sans la porter, tout en respectant sa vie privée, et en garantissant à l’acheteuse que l’article est authentique ». Dès le mois d’avril 2020, Ba&sh proposera ainsi à une catégorie de clientes de revendre des vêtements ou des accessoires appartenant à d’anciennes collections. Le processus de revente mis en place grâce à la solution Reflaunt se matérialisera sous la forme d’un bouton « revendre » dans le compte en ligne des clients. Il déclenchera la création d’un certificat d’identité numérique Arianee. Le client n’aura plus à rechercher le prix optimal ni à prouver l’authenticité des pièces et l’article sera listé simultanément sur plusieurs marketplaces, de façon sécurisée. Une fois la transaction de revente effectuée, le certificat d’identité numérique sera transmis au nouveau propriétaire.

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