Productivité, pilotage des flux, relation clients et fournisseurs, l’IA gagne du terrain dans les directions financières. Les entreprises cherchent le bon équilibre entre autonomie des algorithmes, contrôle humain et exigences de rentabilité.
Après les expérimentations de l’IA dans les entreprises, vient le temps des résultats. Pour les directions financières, l’enjeu est de déterminer jusqu’où leur confier des décisions qui influencent la trésorerie, les investissements et les relations commerciales. Et les DAF restent prudents. C’est ce que met en lumière le « 2026 Global Finance AI Trust Index », publié par Esker à partir d’une enquête menée auprès de 338 responsables financiers internationaux, dont 137 directeurs administratifs et financiers.
L’adoption est massive pour l’automatisation des processus, de la gestion des factures fournisseurs au suivi des paiements clients. Elle s’accompagne d’une exigence accrue de rentabilité. Au cours des douze derniers mois, 72 % des responsables interrogés indiquent que les dépenses consacrées à l’IA ont dépassé leurs prévisions. Pour les directions financières, désormais au cœur des arbitrages technologiques, la question devient donc celle du retour sur investissement : quels gains sont réellement obtenus, à quelle échéance et avec quels risques ? Ils sont 58% à citer l’amélioration de la productivité dans les services financiers. Et 48% observent l’amélioration des flux de trésorerie.
Du copilote à l’agent autonome : une transition sous surveillance
L’évolution vers des systèmes capables d’enchaîner plusieurs tâches et d’agir avec davantage d’autonomie ouvre de nouvelles perspectives pour les commerciaux : l’IA peut contribuer à accélérer le traitement des commandes, faciliter le rapprochement des paiements, anticiper les retards de règlement ou améliorer la visibilité sur les flux de trésorerie.
Automatiser une tâche ne signifie pas nécessairement déléguer la décision finale. Les responsables financiers restent attachés à la supervision humaine, notamment lorsque les arbitrages engagent les ressources de l’entreprise. L’étude souligne cette volonté de progresser vers une finance davantage pilotée par l’IA sans renoncer à la responsabilité des équipes. La prudence est de mise car les décisions financières sont étroitement liées aux autres fonctions de l’entreprise. Une prévision de trésorerie plus fiable peut influer sur les achats, les stocks ou les conditions de paiement accordées aux clients. L’IA peut donc modifier la manière dont les services collaborent et prennent leurs décisions.
La confiance se construit sur la donnée
Reste la problématique de la qualité des datas soulevée par 48% des DAF. Des données incomplètes dispersées entre plusieurs logiciels peuvent compromettre les recommandations produites par les algorithmes. L’interconnexion des systèmes, la sécurité des échanges et la traçabilité des décisions deviennent essentielles à une adoption à grande échelle.
Pour les entreprises, le défi est désormais de passer d’une IA expérimentale à une IA intégrée aux processus métiers, avec des indicateurs de performance et des responsabilités établis. L’avenir de l’IA en entreprise reposera sur la capacité des organisations à relier automatisation, qualité des données et création de valeur. L’autonomie progressera, à condition que la confiance soit étayée par des résultats mesurables et des mécanismes de contrôle solides.
Je souhaite lire les prochains articles des Clés du Digital, JE M’INSCRIS A LA NEWSLETTER

Laisser un commentaire