Démystifier le commerce composable en cinq minutes

Temps de lecture : 4 minutes

@clesdudigitalLa Tribune de Thomas Hindré, VP Europe du Sud Fluent Commerce.

Face aux exigences croissantes des clients, les marques se doivent de proposer des expériences d’achat sans cesse améliorées, à la fois plus rapides et plus personnalisées sur l’ensemble de leurs canaux. Un défi pour de nombreux retailers contraints par des systèmes informatiques monolithiques peu flexibles et peu évolutifs. D’où l’attention portée au commerce composable (‘composable commerce’ en anglais).

Décryptons cette tendance en 5 minutes en répondant à 4 questions clés :

Le commerce composable, c’est quoi ?

On peut le comparer à un jeu de construction de Lego ! A l’image des fameuses petites briques, le commerce composable consiste à sélectionner et à assembler les meilleures solutions, comme autant de petites briques, pour répondre aux besoins spécifiques d’un client. Au lieu d’utiliser une approche unique, le commerce composable s’appuie sur des technologies modernes, flexibles et personnalisables, comme celles référencées au sein de l’Alliance MACH, afin de s’adapter de manière dynamique aux évolutions constantes du marché.

L’acronyme MACH – pour Microservice, API-first, Cloud-Native et Headless–désigne une architecture qui offre plus de flexibilité et une plus grande évolutivité :

-Microservices : des briques individuelles sont développées, déployées et gérées de manière indépendante.

-API-first : toutes les fonctionnalités sont accessibles par le biais d’une API.

-Cloud-native SaaS : parce que l’architecture s’appuie sur le cloud, pas seulement pour le stockage et l’hébergement, mais également pour garantir l’évolutivité et la mise à jour automatique de l’architecture.

-Headless : l’expérience front-end est décorrélée de la logique et des données back-end, du langage de programmation, et elle est agnostique au niveau du framework.

Le commerce composable, si l’on approfondit l’idée – et en laissant de côté le jargon technique – a donc pour ambition de permettre à des éléments et des fonctionnalités séparés d’évoluer à leur propre rythme et de les composer de manière modulaire. C’est ainsi que les retailers seront en mesure d’apporter une réponse plus personnalisée et de faire face aux attentes de clients toujours plus exigeants. Cela signifie naturellement qu’ils doivent être ouverts à l’extension, et qu’ils devront disposer de contrats API bien définis pour permettre des expériences de développement riches afin que ces éléments se combinent et s’intègrent de manière efficace à l’écosystème IT existant.

Quels sont les bénéfices clés du commerce composable face à l’approche e-commerce traditionnelle ?

Il présente de nombreux atouts, étroitement liés aux avantages techniques d’une architecture modulaire, à commencer par la flexibilité qui permet une adaptation rapide. Les différentes briques d’une solution n’ont pas toutes besoin d’évoluer au même rythme, car les retailers n’innovent pas nécessairement simultanément dans tous les domaines. Le commerce composable offre cette flexibilité tout en assurant un développement et un déploiement plus rapides.

Cette agilité garantit un avantage considérable sur un marché où les marques doivent pouvoir s’adapter rapidement aux nouvelles tendances. Modifier une plateforme de commerce traditionnelle peut prendre des semaines, voire des mois, et générer une coût informatique considérable, en particulier si les développements sont externalisés. A l’inverse, une plateforme de commerce headless permet aux entreprises de superviser la mise en œuvre des changements en interne, et ceux-ci sont beaucoup plus rapides à effectuer. En autorisant les retailers à évoluer en fonction des besoins des clients, le commerce composable s’éloigne du modèle « tout fait maison » et privilégie l’exploitation et la réutilisation des solutions existantes afin de maximiser les économies d’échelle.

Quelques conseils pour les entreprises qui envisagent le commerce composable

La première question à laquelle les entreprises doivent répondre avant de se lancer, c’est « pourquoi » ? Elles doivent réfléchir aux raisons commerciales qui motivent le changement vers une nouvelle stratégie technologique. Quels sont les résultats escomptés en matière d’expérience client ? Une bonne compréhension des motivations et des objectifs facilitera ainsi la sélection de la solution la plus adaptée à leurs besoins.

On parle souvent du commerce composable en termes techniques. Mais c’est également une stratégie technologique efficace. En effet, le commerce composable est censé amplifier la stratégie de l’entreprise. Grâce à une appréhension préalable des perspectives offertes par cette approche, il sera plus facile d’orienter la prise de décision et de convaincre les parties prenantes, dont les collaborateurs non-techniques, des avantages attendus. Ce sera d’autant plus facile que l’entreprise a une idée claire de la manière dont ces changements techniques s’articuleront avec les indicateurs clés de performance de l’entreprise.

L’une des grandes différences entre une plateforme unifiée et une plateforme composable réside dans le rôle que joue l’intégration, d’où l’importance d’examiner en détail quelques indicateurs clés. La connaissance approfondie de la documentation de l’API, des SDK et de l’expérience globale du développeur dans le cadre du produit composable sera un indicateur majeur de la difficulté, ou non, que risque de rencontrer l’entreprise au moment de débuter l’intégration d’une solution.

Enfin, je pense que les entreprises doivent évaluer les compétences disponibles en interne, ainsi que celles dont elles pourraient avoir besoin pour exploiter efficacement une telle solution. En l’absence des compétences appropriées, je les inviterai à définir d’abord la stratégie qui leur permettra d’en disposer, que ce soit par l’intermédiaire de ses partenaires, d’une formation interne ou d’une embauche. A leurs côtés, les fournisseurs de solutions doivent être en mesure de leur proposer des options de formation spécialisées afin d’aider les équipes à démarrer. Dans l’ensemble, nous constatons que les développeurs aiment travailler avec la technologie MACH car c’est réellement LE sujet du moment. Opter pour cette technologie devrait donc permettre aux entreprises d’attirer et de retenir les meilleurs talents techniques.

Le commerce composable, un investissement rentable

En conclusion, nous pouvons affirmer qu’investir dans le commerce composable portera ses fruits à long terme. Mais il est important de se concentrer d’abord sur les gains les plus rapides, qui génèrent rapidement de la valeur, avant de déployer davantage de fonctions et de caractéristiques pour accroitre les retours sur investissement. Je ne peux que recommander d’échanger avec des pairs, tels que les fournisseurs de l’alliance MACH afin de bénéficier de leurs diverses expériences. Il est notamment intéressant de leur demander ce que représente le coût total de possession (« TCO », Total Cost of Ownership) tout au long du cycle de vie d’une solution.

Le taux de renouvellement augmentera alors de façon spectaculaire à mesure que les utilisateurs vont réagir et s’adapter à l’évolution des besoins des clients, sans être bridés par une équipe technique centrale. Si le chemin vers le commerce composable peut sembler intimidant au départ, et s’il n’est pas adapté à tous les types d’entreprises, l’investissement se révèlera assurément gagnant pour celles qui s’engageront sur cette voie.

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