Le groupe Rocher met l’IT au service de sa politique RSE

Temps de lecture : 4 minutes

une stratégie numérique responsable @clesdudigitalLe groupe Rocher qui s’est engagé pour « un futur durable » s’est aussi donné une feuille de route pour mettre en place une stratégie numérique responsable, moins énergivore.

Le groupe Rocher et ses neuf marques, parmi lesquelles l’emblématique Yves Rocher avec ses 3000 magasins dans le monde, multiplie les initiatives en matière de RSE, que ce soit au niveau de la production ou des emballages. Cette démarche est aussi au cœur de sa stratégie numérique comme l’a récemment expliqué Stéphane Maillet, directeur IT Retail au sein du groupe, invité à s’exprimer sur ce sujet lors de l’événement Cegid Connections pendant lequel l’éditeur a réuni clients et partenaires. Une occasion pour rappeler qu’il y a souvent «un gap important entre les déclarations d’intentions et les actions réelles», observe Laurent Fauvarque, production manager chez Cegid.

Les technologies ont un rôle à jouer

Un article vendu sur cinq devrait être de seconde main en 2030 selon une étude de The FashionLow. Mais pour le moment, si les intentions sont là, la plupart des enseignes sont en effet encore peu nombreuses à avoir intégré ce circuit dans leur business modèle. 60% des consommateurs interrogés pour une étude diligentée par Cegid auprès de consommateurs de seconde main sur les marketplaces et menée dans les points de vente estiment que ces produits d’occasion sont encore sous-représentés en magasin. «La technologie a un rôle à jouer dans ces parcours», estime Laurent Fauvarque. Certaines marques de mode s’appuient déjà sur des partenaires comme Lizzy, qui propose un logiciel e-commerce et logistique et des services en marque blanche pour aider les marques à se lancer, Freepry qui fournit des solutions clé en main et omnicanales ou encore Faume qui apporte également une solution technologique et logistique en marque blanche.

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Stéphane Maillet

Le pourcentage du chiffre d’affaires engrangé par cette activité reste encore faible mais sa croissance est forte et donne aussi de nouveaux atouts aux magasins face à des baisses de trafic. 71% des consommateurs seraient plus fidèles à une marque qui facilite l’accès à la seconde main dans ses boutiques et 62,4% préfèrent aller acheter en magasin un article haut de gamme d’occasion, selon l’étude de Cegid. Nombre de questions restent néanmoins à résoudre, en particulier pour les marques premium qui craignent de casser leur image, et sur les aspects légales, comme les taxes à appliquer et à faire figurer sur les tickets de caisse, et les éléments à notifier dans les livres de police spécifiques à l’activité de dépôt-vente.

Réduire de 30% l’empreinte carbone en 2030

Dans le groupe Rocher, différents modèles sont testés en particulier par Petit Bateau, et l’organisation se penche par ailleurs sur l’empreinte carbone du numérique même si les chiffres dans ce domaine sont assez compliqués à trouver. Selon l’association The Shift Project, le numérique serait responsable de 4 % des gaz à effet de serre dans le monde (en 2019), soit davantage que le transport aérien civil, et cette part pourrait doubler en 2025. A peu près 80 % seraient liés à la fabrication des équipements tandis que les data centers en représenteraient 15%. «Dans ce cadre, nous déployons une stratégie digitale pour pousser à un comportement sobre au niveau de l’achat et des usages», explique Stéphane Maillet. L’entité informatique du groupe (Groupe Rocher IT Group ou GRTS) qui réunit 300 personnes s’est donnée comme objectif de réduire de 30% son empreinte carbone en 2030 par rapport à 2019. Cette démarche de «responsabilité numérique» repose sur quatre piliers : réduire l’impact carbone lié aux activités numériques du groupe, développer un système d’information résilient, durable et accessible et des usages numériques sobres et, enfin, accompagner le groupe dans cette transformation « green’.

une stratégie numérique responsable @clesdudigitalL’intégration de critères RSE dans tous les appels d’offres

Concrètement, elle se traduit par l’intégration de critères CSR (Corporate social responsibility ou RSE en français) dans tous les appels d’offres. « Nous essayons aussi de reconditionner nos smartphones et avons rallongé les périodes de renouvellement des PC. Enfin nous misons sur une politique de réparation et de reconditionnement». L’un des autres piliers de cette politique repose sur la conception du système d’information. « Nous intégrons une dimension de responsabilité numérique dans nos prises de décisions, nos projets IT, nos outils. Ce critère RSE a été ajouté et est aussi important que l’architecture, le planning, le budget». Il s’agit d’analyser les économies d’énergie, le design de solutions, les axes de décommissionnement des applications (applis obsolètes qui continuent de tourner et qui ne devraient plus), d’évaluer les partenaires (avec le score EcoVadis).

«Les équipes IT sont formées aux principes de l’éco-conception», ajoute Stéphane Maillet. Pour sensibiliser toute l’organisation, le groupe organise régulièrement sa semaine du digital. Elle a réuni 200 personnes participant à 14 workshops en 2021 avec des programmes «low carbon territory» et des initiatives zéro carbone pour le transport à la Gacilly, siège du groupe. «La technologie numérique s’est mise au service du projet RSE du groupe. Nous avons, par exemple, mené un projet IT pour collecter de la donnée en vue de mesurer l’impact des plastiques».

Plus globalement, le groupe vise la certification B Corp d’ici 2025, un label qui récompense les entreprises alliant performance économique et engagements environnementaux et sociétaux.

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