Pour une majorité de dirigeants d’entreprises de l’UE, faire appel à un prestataire tech européen est un «plus», pas une obligation, mais la confiance qu’ils accordent à un partenaire de même nationalité est plus forte.
Au moment d’adopter un nouvel outil technologique, 92% des dirigeants favoriseraient un futur partenaire partageant leur nationalité, et près de la moitié d’entre eux (47%) ferait de ce point commun un critère indispensable. Ces pourcentages sont issus de la troisième édition de Baromètre de la Confiance des dirigeants en la Tech, réalisé par OpinionWay pour Vivatech. Il a été réalisé entre novembre-décembre 2025 auprès de 1524 dirigeants représentatifs d’entreprises privées de plus de 50 salariés ou de start-ups, licornes ou scale-ups ans de la tech (France, Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni, États-Unis et Pays Bas).
L’aspect « indispensable » est particulièrement évoqué par les pays anglo-saxons interrogés (57% aux États-Unis et au Royaume-Uni), tandis que la majorité des membres de l’Union considère qu’il s’agit d’un «plus» plutôt que d’une obligation, exception faite des Pays-Bas, qui placent les deux notions à égalité. “Ce baromètre 2026 dessine une nouvelle géographie de la confiance technologique : des dirigeants américains et britanniques qui jugent indispensable la nationalité de leur fournisseur tech et une majorité des Européens qui la considère comme un « plus ». Cette divergence n’est pas anecdotique, elle révèle deux visions de la souveraineté, l’une «de fait», l’autre «contrariée», estime François Bitouzet, directeur général de VivaTech.
Enjeux de sécurité
Par ailleurs, 63% des dirigeants se disent préoccupés par la perte de souveraineté que peuvent accompagner les progrès technologiques. L’origine géographique des solutions tech influence très largement la confiance qui leur est accordée (86%). Sur cette thématique, l’Europe continentale fait bloc : 43% des dirigeants européens privilégient les solutions de leur continent et 63% des Français font le plus confiance aux solutions européennes. Cette confiance repose sur des enjeux de sécurité (57%), est ensuite associée à des enjeux qualitatifs d’innovation (50%) aux côtés d’enjeux plus positifs de performance (49%).
L’intelligence artificielle a su convaincre les dirigeants de son sérieux, puisque 89% lui font confiance pour orienter les décisions de leur entreprise, et ce quel que soit le secteur d’activité. «Elle leur inspire confiance tant sur les plans technologique et décisionnel que sur la préservation de l’emploi dans les 12 prochains mois, malgré un usage parfois peu contrôlé.» 83% des dirigeants ont ainsi confiance dans une évolution durable et maîtrisée des investissements financiers dans l’intelligence artificielle. Seulement 17% craignent une bulle spéculative. A noter : les Français plus pessimistes que les autres pays interrogés avec 30% d’inquiets.
L’intégration de l’IA n’a pas vocation à licencier les collaborateurs de leur firme à court terme, puisque 92% sont confiants (dont 48% très confiants) quant à leur capacité à préserver le niveau d’emploi dans les 12 prochains mois. Des chiffres qui semblent toutefois être contredits par de récentes annonces, à commencer par celle de Cagemini qui s’apprête à supprimer jusqu’à 2 400 postes en France «au sein de filières fortement impactées par l’évolution de la demande client et les mutations technologiques », soit près de 7% de ses effectifs dans l’Hexagone.
Investissements portés par l’IA et la cybersécurité
En matière d’investissement dans la tech, la cybersécurité fait la course en tête, 82% des dirigeants déclarant avoir déjà investi dans le domaine. Suivent les investissements dans l’intelligence artificielle (76%), la 5G (73%), le cloud computing (72%) et, après un second décrochage, l’Internet des objets (54%). Le classement reste sensiblement similaire en France, avec 81% des dirigeants ayant investi dans la cybersécurité, et 71% dans la 5G, tandis que les niveaux d’investissements apparaissent plus en retrait sur l’intelligence artificielle (65%), le cloud computing (49%) et l’Internet des objets (40%). Parmi ces technologies, l’intelligence artificielle et la cybersécurité se distinguent aussi par l’intensité des investissements à venir : respectivement 87% annoncent augmenter leurs investissements (dont 53% fortement) et 77% (dont 42% fortement) au cours des 12 prochains mois. En France, cette dynamique est bien présente avec 82% des dirigeants qui prévoient d’augmenter leurs investissements en IA et 74% en cybersécurité.
Deux autres technologies sont particulièrement plébiscitées par leurs investisseurs actuels : l’automatisation robotisée des processus (80%, dont 36% fortement) et le « quantum computing » (76%, dont 45% fortement) pour supporter les ambitions en IA. En matière de compétitivité, 90% des dirigeants au Royaume-Uni considèrent que les entreprises de leur pays sont compétitives à l’échelle internationale sur les sujets tech . Ce chiffre atteint 81% en France (soit +12 points en 2024) et en Espagne (soit +11 points vs 2025) 75% en Italie (soit +11 points vs 2025). Seule l’Allemagne reste sur sa position, juste en dessous de la moyenne (79%)
« (…) on constate une véritable accélération de l’Europe sur les sujets Tech avec des investissements en IA et en cyber qui deviennent prioritaires. Mais attention à un nouveau paradoxe que nous observons : alors que 9 dirigeants sur 10 font confiance à l’IA, 4 sur 10 avouent avoir partagé des données confidentielles avec des outils dans lesquels ils n’avaient pas totalement confiance», affirme François Bitouzet.
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