Misako accroit la précision de ses stocks avec la Rfid

Misako vise le stock juste en magasin @clesdudigitalAvant de passer en mode omnicanal,  Misako vise le stock juste en magasin avec la technologie Rfid.

Qui va lentement va surement. Ce proverbe pourrait s’appliquer à Misako qui procède étape par étape pour délivrer bientôt un parcours d’achat sans friction à sa clientèle. Fondée à Barcelone en 1998,  cette marque-enseigne conçoit et produit ses propres collections de sacs, valises et articles de cuir. Chaque semaine, elle renouvelle les collections qu’elle vend en ligne et à travers 215 succursales en Espagne mais aussi au Portugal et en France où elle compte actuellement 11 magasins. Ce nombre pourrait quasiment doubler en 2018 dans l’Hexagone car cinq à dix ouvertures y sont prévues.

Gérée par un groupe familial, Misako a enregistré une croissance rapide, ouvrant jusqu’à 50 boutiques par an avant d’être freinée dans ses élans par la crise au début des années 2000. C’est à ce moment-là qu’elle décide de s’équiper d’un système d’information plus performant qui pourra l’accompagner dans son développement.

« Il a fallu revoir l’organisation et remplacer le progiciel orienté comptabilité et gestion, plutôt destiné à la facturation des ventes et aux grossistes, par une solution plus verticale »,

explique Jean-François Thuilliez, adjoint à la direction en charge des systèmes et de l’organisation. Français et ingénieur de formation, Jean-François Thuilliez a commencé sa carrière dans le secteur de la distribution notamment chez Kiabi et Natures et Découvertes.

En 2010,  le choix de Misako se porte sur l’éditeur français Cylande qui vient d’installer une filiale à Barcelone. La solution Winstore est déployée en magasin pour gérer l’encaissement tandis que Storeland équipe la centrale. « Nous n’avions pas besoin d’autres outils excepté pour le développement du site web », précise Jean-François Thuilliez. Géré d’abord avec un outil maison, le site e-commerce prend progressivement son envol sur la plateforme Magento. « Misako ne se positionne pas comme un précurseur. Nos sacs sont vendus 35 euros et nos marges sont très serrées.  Nous avons attendu que le marché soit plus mature avant d’investir », souligne Jean-François Thuilliez qui rappelle qu’en Espagne l’e-commerce a démarré plus lentement qu’en France.  « Il a fallu adapter nos process notamment pour la préparation logistique. Tout est fait un interne depuis un stock dédié dans notre entrepôt ».  Aujourd’hui le site est devenu de loin le premier magasin de la chaine en termes de chiffre d’affaires et une équipe de six personnes, bientôt dix, s’y consacre.

Misako vise le stock juste en magasin @clesdudigitalPour accélérer sa transformation, Misako vient par ailleurs d’opter pour la technologie Rfid (identification des articles par radiofréquence). Là encore l’entreprise a attendu que d’autres enseignes testent et éprouvent cette solution avant de la déployer. « Cela faisait un moment que l’on regardait cette technologie mais les coûts restaient trop élevés », précise Jean-François Thuilliez.  Avec les déploiements de grande ampleur réalisées par les groupes Décathlon et Inditex notamment, la Rfid devient plus abordable. Selon les volumes, les prix des étiquettes se situent aujourd’hui entre 7 à 10 centimes d’euro.

« Le prestataire Nedap qui a une bonne connaissance de ce marché avec une approche technologique et business, s’est présenté et nous a fait une démonstration grandeur nature dans nos locaux qui a laissé tout le monde bouche bée »,

raconte Jean-François Thuilliez.  Comme la solution de gestion des stocks de cette entreprise d’origine néerlandaise baptisée ID Cloud (!D Cloud ) nécessite peu de changements d’organisation, Misako décide de la mettre en œuvre avec comme objectif premier, le contrôle des stocks en magasin. « Nos boutiques ont des surfaces de vente d’environ  60 m2 et des réserves de 40 m2. Pour faire les inventaires avec les étiquettes codes barre de nos sacs et de nos accessoires comme les ceintures, soit environ 2 000 références, nous mobilisons trois personnes pendant cinq heures. Avec Nedap l’inventaire dure 25 minutes et occupe une personne. Nous pouvons accéder chaque semaine aux stocks précis de chaque magasin », ajoute Jean-François Thuilliez .  Les étiquettes sont d’ores et déjà posées à la source pour les premières collections dans les usines en Chine par Indet, devenu l’unique fournisseur pour cet étiquetage des articles. Avec cette solution,  Misako pourra bientôt disposer d’une précision des stocks de plus de 98 % contre 60% actuellement.  « Généralement tout le monde est très mauvais dans ce domaine », rappelle le dirigeant. « Nous allons pouvoir assurer des réassorts exacts, ne plus envoyer les mauvais articles aux magasins et nous espérons gagner 3 à 4 % de chiffre d’affaires ».

Misako vise le stock juste en magasin @clesdudigitalL’implémentation se fera en deux étapes avec d’abord l’équipement  des responsables de région en lecteur Rfid portable et avec l’application « !D Cloud » installée sur un appareil mobile, tablette ou smartphone, et communiquant en mode Bluetooth. « Il n’y a pas besoin de beaucoup de formation, tout le monde sait se servir de ces outils.  Les responsables de région formeront ensuite les vendeuses en magasin. Une fois que tous les articles seront étiquetés, chaque magasin sera équipé de la solution « !D Cloud ». Nous avons une approche pragmatique, sans big bang.  Le personnel procèdera à un inventaire hebdomadaire afin de savoir exactement quels articles sont encore disponibles à la vente ».

La solution mettra en évidence les écarts entre le système ERP et le résultat de l’inventaire Rfid. Ces différences causées par des pertes ou des erreurs administratives seront ainsi identifiées et traitées rapidement. Pour l’instant l’outil n’est pas connecté au système de caisse mais l’opération est envisagée dans un second temps avec la mise en place d’une fonction antivol des étiquettes. Il va être aussi utilisé pour la lecture des articles à leur arrivée en entrepôt avec un tunnel de lecture pour vérifier les erreurs des fournisseurs et sera ensuite déployé en sortie pour vérifier les livraisons en magasin.

« Au final, la Rfid va nous aider à accroître la disponibilité des produits en rayon, à améliorer le réapprovisionnement de nos boutiques via le centre de distribution. Nous allons pouvoir mettre en place de nouveaux services de e-réservation et de click & collect, qui sont encore peu développés en Espagne », explique Jean François Thuilliez. « Dans le monde omnicanal d’aujourd’hui, nous devons savoir exactement où sont nos produits. Ce n’est que comme cela que nous pourrons accélérer nos processus et véritablement intégrer nos boutiques physiques à nos boutiques en ligne. Cette intégration signifie que nous disposerons d’un seul stock et que nous saurons où se trouve chacun de nos produits. »

 

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