Sonia Mamin : une volonté et un optimisme à toute épreuve

Temps de lecture : 5 minutes

continue d’insuffler son énergie aux salons @clesdudigitalBaignant dans un écosystème qu’elle connait bien, Sonia Mamin continue d’insuffler son énergie aux salons One to One de Monaco et de Biarritz

Sonia Mamin a sans nul doute trouvé sa vocation, occupant désormais un poste qui réunit à la fois ses compétences relationnelles, nourrit sa curiosité insatiable et lui fait soulever des montagnes. Rien ne l’arrête. «Ma devise c’est de ne jamais rien lâcher», affirme la directrice des salons One To One E-commerce Monaco et Digital Marketing Biarritz depuis plus de trois ans. Pourtant rien ne la prédestinait à embrasser une carrière dans l’événementiel. Mais quand la chasseuse de têtes Marie Canzano qui dirige le cabinet Digital Jobs l’a appelée plusieurs fois, elle n’avait elle-même aucun doute : c’est le profil qu’il lui fallait pour orchestrer ces événements professionnels. Sonia Mamin réunissait toutes les compétences : la connaissance du marché, le sens de l’organisation et la capacité à animer des équipes. Ne lui manquait somme toute qu’une expérience dans l’événementiel. Mais qu’elle va vite acquérir.

Une fibre internationale

Habituée à naviguer dans les univers de la tech, Sonia Mamin a pourtant hésité à ses débuts sur la voie professionnelle à suivre. Ses études universitaires en sciences éco et sa formation à l’ESLSCA Business School en «expertise contrôle» la prédestinaient plutôt à une carrière dans la fiscalité. «J’aimais les chiffres. Mais j’ai fait un stage dans l’expertise comptable et me suis rendue compte très vite que cela ne me plaisait pas». Un moment, elle hésitera à lancer sa propre marque de confection pour enfants car elle s’est prise de passion pour la couture. Elle habillera d’ailleurs les siens avec ses propres créations jusqu’à leurs cinq ans. Elle vit ensuite trois ans à Hambourg où son mari a décroché un poste. Sonia Mamin a l’habitude de parcourir le monde, avec son père qui a géré des filiales françaises de groupes allemands et sa mère née en Australie et qui a fait de l’interprétariat en Chine à l’époque de Mao. «Mes parents m’ont toujours envoyée à l’étranger et j’ai fait plusieurs séjours en Australie. Cela ma appris à être autonome et à faire des rencontres».

continue d’insuffler son énergie aux salons @clesdudigitalLa soif d’apprendre

En Allemagne, elle va intégrer le service marketing et communication de Schwarzkopf, la marque cosmétique de produits capillaires rachetée depuis par Henkel. Puis à son retour en France, elle rejoint la division artistique de Shiseido. «J’ai découvert l’univers du luxe, de la précision avec les shooting pour la communication print, la PLV, et l’exigence des créateurs comme Serge Lutens», souligne Sonia Mamin. Sa «soif d’apprendre» va ensuite la faire bifurquer dans le monde de la tech. Tout commence par la rencontre des patrons de ValueClick qui veulent ouvrir une filiale en France. Internet fonctionne encore avec les modems 56K bas débit et Sonia Mamin dispose alors d’une adresse mail créée sur AOL mais elle se surprend à «avoir une énergie de dingue» pour développer cette activité de régie au clic, constituer un réseau d’éditeurs et monter la structure d’abord en travaillant en «home office», puis en installant la filiale dans les locaux d’une ancienne fonderie dans le 16ème arrondissement à Paris.

Évangéliser et instaurer des relations de confiance

Avec son profil international, et alors que ValueClick finalise plusieurs acquisitions (l’entreprise changera ensuite de nom pour devenir Conversant et sera rachetée par Alliance Data Systems), Sonia Mamin continue de se consacrer au développement de filiales de groupes US en France comme la régie Doubleclick, qui sera acquise par Google en 2007. «Ce secteur était hyper dynamique et j’avais un peu une casquette d’entrepreneure. Je ne comptais pas mes heures». Quand elle se retrouve chez Google qui compte un effectif de (seulement) 250 personnes en France, son univers professionnel change de dimension. «Google avait des moyens colossaux et de gros projets avec le lancement notamment d’AdSense (sa régie publicitaire, ndlr). Nous allions défendre nos idées au siège à New York. J’ai vécu des moments assez incroyables».

continue d’insuffler son énergie aux salons @clesdudigitalSonia Mamin rejoint ensuite Weborama pour prendre en charge la BU technologie (adserving, analytics, rich media) et participer à la création d’une des premières DMP (Data Marketing Platform) en France puis elle prend la direction générale de Wibilong avant de se mettre à son compte pour toujours accompagner les entreprises étrangères sur le marché français dont yReceipt, une solution qui se positionne à l’époque comme un précurseur dans la dématérialisation des tickets de caisse. «C’était très excitant. Je travaillais avec des personnes très smart, avec beaucoup d’énergie. J’aime évangéliser, instaurer des relations de confiance, participer à la mise en place de POCs. J’ai toujours été motivée par le produit, le fait que ces solutions pouvaient répondre à une équation et à un challenge. Sur ce secteur très dynamique, il s’agissait de coller aux spécificités françaises où l’on a besoin de voir, de toucher pour croire avec des phases de «test and learn» à la différence des États-Unis où se planter n’est pas grave».

Découvrir de nouveaux horizons

Quand Marie Canzano l’appelle, Sonia Mamin a rejoint la direction des ventes retail dAdvalo. Elle est aussi à un tournant de sa carrière, a essuyé quelques échecs, et a sans doute l’envie de découvrir de nouveaux horizons tout en restant dans cet écosystème qui lui est cher. «Je me suis lancée et je suis ravie d’avoir mis les pieds dans cet univers événementiel. Je travaille avec une équipe formidable et nous fourmillons d’idées tout en bénéficiant des outils du groupe Comexposium». Entre la construction de la ligne éditoriale des salons, le choix des thématiques, l’organisation des sessions et l’anticipation des prochaines, ses journées sont bien remplies. «Il s’agit de trouver les tendances de demain. Il y a trois ans, par exemple, il était encore peu question d’économie circulaire, ou de BNPL (Buy Now Pay Later). Il faut trouver un bon équilibre avec les partenaires présents, organiser les soirées, réfléchir à des nouveaux formats, innover comme avec notre partenariat avec le Hub Bpifrance pour lancer WeSpeakRetail».

continue d’insuffler son énergie aux salons @clesdudigitalSonia Mamin a du puiser dans ses ressources pour traverser cette période de crise sanitaire où il fallait «davantage gérer les reports» que mettre en place des événements. «Mais je suis quelqu’un de très positif et optimiste. Quand on est chef d’orchestre, il faut battre la mesure en fonction du timing. Il y a eu beaucoup de stress mais j’ai tenu le choc, bien entourée avec mes équipes et nos clients qui ont été au top». Le dernier salon One to One qui s’est tenu du 20 au 22 mars dernier à Monaco a montré la puissance et la résilience de son modèle. Quelques 1800 professionnels s’y sont retrouvés. L’émergence du nouveau variant Omicron, quelques mois plus tôt, avait pourtant donné quelques sueurs froides à l’organisatrice. «Mais notre mot d’ordre a toujours été : on ne lâche rien», affirme Sonia Mamin qui anticipe déjà la prochaine édition et prépare le salon One to One Digital Marketing Biarritz qui se tiendra du 4 au 6 octobre prochains. En attendant, après ces «montées d’adrénaline et ce stress», Sonia Mamin retrouve un peu de calme et se ressource lors de promenades accompagnée de Stacy, son Setter Gordon, entourée aussi de sa famille et de ses copains, visitant des caves à vin. Des moments « off » qu’elle aime et qui lui redonnent de l’énergie avant de reprendre sa casquette de cheffe d’orchestre.

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