Face à la dépendance croissante aux technologies étrangères et à la multiplication des discours dits «souverains», l’association Origine France Garantie lance la certification Numérique France Garanti. Pensé comme un repère fiable pour les entreprises et les donneurs d’ordres, ce nouveau référentiel entend clarifier l’origine réelle des solutions numériques utilisées dans l’économie française.
Le numérique s’est imposé comme une infrastructure vitale pour l’économie, les services publics et le commerce. Dans ce contexte de tensions géopolitiques et de dépendance technologique, l’association Origine France Garantie, en partenariat avec Bureau Veritas, lance la certification Numérique France Garanti. L’objectif est d’apporter un cadre clair et vérifiable sur l’origine des solutions numériques, qu’il s’agisse de logiciels, de plateformes, de cloud, de data, d’intelligence artificielle ou de cybersécurité. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des certifications Origine France Garantie pour les produits, lancée en 2011, puis Service France Garanti en 2021, en appliquant pour la première fois ces exigences au champ du numérique.
Répondre aux attentes du marché
Le lancement de Numérique France Garanti s’appuie sur un constat documenté. Selon les études IFOP de 2022 et 2024, 60 % des Français considèrent le pays de fabrication comme un critère d’achat déterminant, tandis que 83 % estiment qu’une certification Origine France Garantie souhaite renforcer la crédibilité et la visibilité des entreprises concernées. Pour les acteurs du e-commerce et du retail, ces chiffres traduisent une attente croissante de transparence, y compris sur les briques numériques qui structurent les parcours clients et les opérations.
Dans le même temps, l’Open Internet Project (association agissant en groupe d’influence auprès des instances de l’Union européenne et de ses gouvernements nationaux afin de défendre le secteur digital européen) souligne la prolifération d’offres se revendiquant « souveraines » sans cadre de vérification robuste, confortant la nécessité d’un référentiel indépendant pour les marchés publics comme privés.
Un enjeu économique et industriel
Pour Gilles Attaf, président de l’association Origine France Garantie, l’enjeu dépasse largement la question du label. «Chaque année, 70 milliards d’euros quittent la France vers les États-Unis uniquement pour nos usages numériques», souligne-t-il dans le communiqué, rappelant que cloud, logiciels, plateformes, données et intelligence artificielle constituent désormais des infrastructures critiques que la France maîtrise insuffisamment. Il insiste également sur la dimension stratégique de la démarche, affirmant que «parler de souveraineté industrielle sans parler de souveraineté numérique n’a plus de sens», dans un contexte marqué à la fois par la domination des géants américains et par une pression asiatique croissante sur les acteurs européens.
Des critères audités et vérifiables
Numérique France Garanti se distingue par son mode d’attribution. La certification repose sur des audits indépendants réalisés par Bureau Veritas et sur un référentiel exigeant défini par Origine France Garantie. Les critères portent notamment sur la localisation en France des activités clés, de la gouvernance et de l’hébergement des données, sur le respect d’impératifs élevés en matière de sécurité et de protection des données, ainsi que sur la concrétisation majoritaire de la valeur ajoutée numérique sur le territoire national. Cette approche vise à dépasser les déclarations marketing pour identifier concrètement où et par qui l’utilité numérique est produite.
Un outil pour l’écosystème du commerce
Ouverte à l’ensemble de la chaîne de valeur du digital, la certification s’adresse aussi bien aux éditeurs de solutions qu’aux prestataires de services numériques intervenant dans le e-commerce et le retail. Pour les directions digitales, IT ou data, Numérique France Garanti constitue à la fois un outil de différenciation et un repère de confiance pour les donneurs d’ordres publics et privés. «Ce n’est pas un label de plus», affirme Gilles Attaf, mais «un outil de structuration économique, un levier de confiance, de compétitivité et de souveraineté» destiné à faire de la transparence un avantage concurrentiel durable.
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