Caroline Pavy : aller vite avec pragmatisme

Temps de lecture : 5 minutes

faire bouger les lignes @clesdudigitalAujourd’hui directrice générale adjointe de l’agence web indépendante Silicon Salad, Caroline Pavy est une femme d’action qui aime faire bouger les lignes et déteste l’immobilisme.

Caroline Pavy préfère être sur le terrain plutôt qu’enfermée entre quatre murs. Elle a d’ailleurs assez mal vécu les périodes de confinement qui l’ont poussée à se remettre en question et à briguer un nouveau poste pour rejoindre l’agence Silicon Salad. Installée dans la région lilloise depuis sa plus tendre enfance, et née dans une famille d’agriculteurs et de médecins, Caroline Pavy n’aimait pas non plus beaucoup l’école. Ce qui ne l’a pas empêchée de décrocher un bac scientifique après un parcours un peu chaotique. «J’avais envie que les choses avancent vite», se souvient la dirigeante. Très rapidement et alors qu’elle est à peine sortie de l’adolescence, elle sera aussi contrainte après le décès de sa maman, de s’occuper de ses jeunes frère et sœur. «Cet événement a sans doute été un déclencheur en m’obligeant à prendre très tôt des responsabilités». Elle choisira à ce moment-là des études courtes pour devenir rapidement autonome en optant pour une école de commerce qui prépare au BTS en alternance. «On peut dire que le travail m’a remis sur les rails», avoue Caroline Pavy qui, une fois son BTS en poche et convaincue qu’elle peut continuer ses études, enchainera un nouveau cursus.

L’envie de poursuivre dans le digital

Elle trouve ensuite en 2009 son premier véritable job au sein des 3 Suisses comme category manager pour le site de l’enseigne où elle évoluera au poste de chef de produit web. Le groupe qui emploie encore plusieurs milliers de personnes en France, en Allemagne et en Belgique est en train de se relancer en s’appuyant sur le commerce en ligne et sous l’impulsion d’une nouvelle équipe de direction, avec Laurence Paganini (aujourd’hui présidente de Kaporal) nommée à sa tête en juillet. «Ce n’était pas les années folles mais la période était encore animée. J’ai beaucoup appris à ce moment-là. Je me suis occupée au départ d’améliorer l’offre en ligne puis suis passée aux achats et aux projets web. Cette expérience m’a donnée l’envie de poursuivre dans le digital. Il y avait une dynamique très différente entre le catalogue et le site web où tout allait plus vite». Le mentor de Caroline Pavy s’appelle Cyril Olivier. Entré dans le groupe en 1998 et aujourd’hui directeur général du groupe Furet du Nord Decitre, il est le directeur de l’e-shop du véadiste, classé à époque quatrième site marchand français en termes de fréquentation. Mais le groupe nordiste subit plusieurs vagues de licenciement. Les recrutements pour le web se font au compte-goutte et le textile n’est pas le secteur que Caroline Pavy préfère.

faire bouger les lignes @clesdudigitalMigration de plateforme

Alors qu’elle commence à regarder ailleurs, elle sera contactée par le service RH d’Electro Dépôt qui s’apprête à lancer son site marchand et a besoin d’un profil opérationnel pour seconder Philippe Labalette, responsable de la transformation digitale opérée avec l’agence Pictime. Entrée comme category manager, elle deviendra responsable des projets web et e-commerce en charge des projets digitaux avec les équipes des différents prestataires puis product owner sur un projet d’ouverture de pays et sur une migration de plateforme vers Magento 2 en méthodologie scrum. «Electro Dépôt était une entreprise qui me correspondait, avec son côté pragmatique, ses circuits décisionnels courts. Dès qu’il y avait du vide, je le remplissais. Quand j’ai été nommée chef de projet de la plateforme, quatre personnes m’avaient désignée pour ce poste. C’était un univers très masculin, un peu bourru. J’ai eu droit à quelques blagues un peu déplacées mais je ne me suis jamais sentie remise en question en tant que femme. J’ai toujours foncé. Mais j’ai un regard sans doute plus critique aujourd’hui en constatant aussi que la tech manque de touches féminines».

faire bouger les lignes @clesdudigitalAborder de nouvelles expertises

Après plus de dix années passées au sein de l’enseigne d’électroménager low cost, la responsable qui a travaillé en proximité avec les équipes de Pictime a pu mesurer le fossé, les différences de perception et les rapports de force qui existaient entre un prestataire et son client. Elle opère alors une bascule et rejoint son partenaire digital. «Il y avait plein de challenges qui m’attendaient. Après la refonte du site d’Électro Dépôt, je sentais que je devais partir». Elle intègre le groupe Pictime comme service delivery manager et est garante du respect des engagements pour l’ensemble des clients retail de la société. Un poste transversal avec des missions et un portefeuille variés, de l’enseigne de lingerie Rouge Gorge au spécialiste de la réparation Norauto, qui lui convient. «Ce qui m’a plu c’était aussi d’aborder de nouvelles expertises que je ne connaissais pas. J’ai un besoin d’apprendre et de me questionner en permanence. Je ne peux pas rester dans quelque chose que je ne maitrise pas. Et puis il me faut des nouveaux sujets, sinon je m’ennuie». Chez Pictime, Caroline Pavy baigne encore dans un milieu très masculin. Réputée pour son franc-parler, elle apprécie ce «boulot d’équipe» et elle restera un peu plus de trois ans dans l’entreprise.

faire bouger les lignes @clesdudigitalProche des équipes et du terrain

La crise sanitaire, le chômage partiel viendront ensuite bouleverser la vie de la jeune femme qui n’est pas une adepte de la chaise longue et qui se remet en question. «J’ai activé mon réseau et rencontré Oliver Ferlin, le fondateur de Silicon Salad. Sa structure avait grossi mais il avait du mal à recruter des managers de bon niveau. C’est un entrepreneur très sympa et énergique, au profil atypique, passionné par la tech et doté d’une culture du service très poussé ».

Caroline Pavy y fait ses premières armes comme directrice de l’engagement avant d’accéder à la direction générale adjointe. «J’ai mis en œuvre de nombreux chantiers et j’ai eu carte blanche pour les mener. Depuis j’ai créé un comité de direction. Je voulais que l’on s’éloigne du profil de la petite structure, que des process de pilotage soient bien en place». L’agence compte aujourd’hui une trentaine de collaborateurs dont une dizaine de développeurs et elle affiche un plan de croissance ambitieux. «Je reste proche des équipes et du terrain mais je reste aussi disponible pour mes deux enfants même si le bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle n’est pas toujours simple». A l’heure du déjeuner et au moins une fois par semaine, Caroline Pavy monte à cheval. «L’équitation sportive fait partie de mon équilibre et aide à me canaliser, à canaliser mes émotions. Le cheval ressent votre stress. Ces moments m’obligent à faire baisser la pression».

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