Céline Méchain : l’art de recruter en mode multi-culturel

Temps de lecture : 5 minutes

attrait pour les relations humaines et l'international @clesdudigitalVP People chez Platform.sh, Céline Méchain revient sur son parcours marqué par un attrait pour les relations humaines, l’international et les technologies de l’information.

Comme beaucoup de jeunes, Céline Méchain «ne savait pas du tout» quelle voie professionnelle plébisciter. Issue d’une famille modeste, la jeune femme manquait de repères face au monde de l’entreprise. Mais c’était sans compter un solide niveau scolaire qui lui ouvrira les portes de l’enseignement supérieur. Intuitive, elle pressent que la maîtrise de l’anglais lui sera utile, qu’importe le métier qu’elle choisira. Cette native de la capitale française décroche un master d’anglais à la Sorbonne en 1997 et s’expatrie tout naturellement Outre-Manche où elle multiplie les petits boulots. De retour en France, ne sachant toujours pas quel métier exercer, l’ex-sorbonnarde dresse le bilan de ses compétences et fait finalement le choix de l’intérim. Son pragmatisme paie. Elle découvre des «secteurs d’activités et des tailles d’entreprises très variées». Ces premières expériences seront «le déclencheur de toutes (ses) opportunités professionnelles».

Un intérêt pour le recrutement

Si elle ne s’attache «absolument pas à une marque ou à un secteur d’activité», Céline Méchain s’intéresse aux relations humaines, aux jeux de pouvoir et interactions sociales. L’idée d’embrasser une carrière dans cet univers germe dans son esprit. «Je m’intéressais surtout au recrutement», glisse-t-elle. En 2000, Céline Méchain retourne donc sur les bancs de la fac et valide son second master en Ressources Humaines, puis décroche un stage de six mois dans la société d’audit Andersen. Elle s’y initie à la gestion de paie, au recrutement et accompagne une DRH au sein d’une start-up. A l’issue de cette première expérience, elle s’interroge. «Ce n’était pas de cette façon que je voulais procéder et je ne voulais surtout pas me limiter au recrutement. La fonction RH est un tout».

«J’étais dans un service où le quotidien de mes collègues était d’arriver tôt le matin et d’imprimer tous les CV reçus la veille», sourit Céline Méchain. «A force de faire cela, toute la journée, elles ne voyaient même plus les choses,  n’analysaient plus les informations. Tous les CV se ressemblent. Tous les candidats se ressemblent. On ne cherchait pas à servir le business, à comprendre pourquoi on a besoin de recruter une personne et quel est le bon profil.» La prise de conscience est rude. Pour elle, recrutement doit rimer avec accompagnement des nouvelles recrues, rémunération juste et projection dans leurs carrières. L’expérience est déceptive : «Recruter c’est servir le business, et servir les personnes évidemment, mais dans le sens du business», estime-t-elle.

L’attrait pour les technologies de l’information

Ce qu’elle recherche, Céline Méchain le trouvera dans le secteur des technologies de l’information en signant un premier CDI chez Compuware, un éditeur de logiciels américain. Depuis, elle n’a jamais quitté cet univers. Une bonne partie de ses traits de personnalité s’y retrouvent : le bon sens, la réflexion, le pragmatisme et l’innovation . «Je n’envisagerais même pas de faire mon métier dans une autre industrie, sinon à en rejoindre une aussi innovante», reconnaît-elle. Une heureuse constante jalonne le parcours de Céline : elle intègre des entreprises early-stage où, par définition, le champ des possibles est immense. Ainsi élabore-t-elle des stratégies RH qui s’intègrent dans le processus de croissance des sociétés. «C’est une chance incroyable», reconnaît-elle.

Deux entreprises vont la forger. La première, Kxen, la plonge dans l’univers de l’intelligence artificielle et du data mining avec une dizaine d’années d’avance. «Aujourd’hui, tout le monde sait ce que c’est et utilise les données. À l’époque, c’était absolument inconnu. Le marché n’était pas du tout mûr mais le produit était déjà là. J’ai rencontré des personnes passionnantes, passionnées, et beaucoup appris.» La seconde, Platform.sh, est une scale-up parisienne où elle officie actuellement en tant que VP People. La société facilite le développement d’applications web pour les entreprises. Côté RH, un point d’honneur est mis au recrutement des talents «là où ils sont». Exit donc les embauches localisées, méthode employée par les entreprises où Céline Méchain évoluait jusqu’alors. Ce mode de fonctionnement diminue les difficultés de recrutement ordinairement rencontrées dans la tech et amène surtout une diversité de profils bienvenue selon la RH.

attrait pour les relations humaines et l'international @clesdudigitalLe télétravail, ADN de Platform.sh

Depuis une dizaine d’années, bien avant la crise sanitaire donc, Platform.sh s’organise en télétravail. C’est d’ailleurs ce qui fait sa particularité. Pour la dirigeante, ce mode de fonctionnement implique une attention accrue quant à la satisfaction des employés. «Voient-ils suffisamment leurs pairs pour se sentir intégrés dans les équipes ? Ont-ils accès à toutes les informations nécessaires pour prendre les bonnes décisions ?» Avant de mentionner l’importance d’une communication fluide avec les managers et les équipes. Partager ces interrogations régulièrement permet à la RH de s’assurer de la continuité du travail d’équipe qui doit perdurer malgré l’éloignement physique des collaborateurs.

A ses débuts, l’entreprise technologique «n’avait pas la possibilité d’accueillir et de former correctement des juniors». Raison pour laquelle le recrutement s’est d’abord concentré sur des profils aux compétences confirmées. «Contrairement à certaines startups parisiennes et mondiales, la moyenne d’âge chez nous n’est pas de 20-25 ans. Elle est plutôt de 30-35 ans.» C’est selon Céline Méchain l’un des motifs du succès du télétravail chez Platform.sh. «Nous avons des collaborateurs qui savent travailler en équipe, quelles informations rechercher et connaissent les codes du travail.» Toutefois, elle concède avoir désormais élargi ses critères de recrutement à des candidats plus jeunes. Une fois formés et autonomes sur leurs postes, la RH considère qu’ils peuvent alors travailler d’où ils veulent dans le monde. Et donc s’adapter à la culture d’entreprise de la scale-up parisienne, où le télétravail n’est pas une option.

Favoriser le multiculturalisme

A l’image de son parcours académique, Céline Méchain a à cœur de cultiver une forme de multiculturalisme dans ses choix professionnels. Elle s’est d’ailleurs toujours entourée d’équipes internationales. «Cela vous donne une ouverture d’esprit qui est sans nul autre pareil», assure-t-elle. Melting-pot de différentes origines, Platform.sh cultive sa différence jusqu’à la transformer en plus-value. «J’ai beaucoup appris et amélioré ma communication, mes réflexes sur certains sujets que je ne l’aurais fait si j’avais été dans un environnement uniquement francophone. Il y a des méthodes de travail différentes dans chaque pays. Il n’y a pas une bonne ou une mauvaise façon de faire. Cette ouverture permet de se compléter, d’être plus efficace, de voir les limites de sa propre culture.» Cette dimension multiculturelle rend aussi le travail plus complexe. Le droit social doit être adapté, des process et des programmes mis en place pour être applicables n’importe où dans le monde et que chacun puisse en bénéficier. «Mais vous avez une richesse culturelle et de façon de faire qui est vraiment à nul autre pareil. Je n’envisage pas de travailler différemment. Et ça rend humble de travailler avec l’international

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