Nathalie Echinard : l’art de convaincre et de donner du sens

Temps de lecture : 4 minutes

femmes aux postes de commandes @clesdudigitalHonneur aux femmes encore si peu représentées aux postes de commandes et dans cet univers du « retail tech ». La rédaction des Clés du Digital poursuit sa galerie de portraits. Cette semaine, nous dressons le parcours et donnons la parole à Nathalie Echinard, directrice de la branche Retail de Cegid. Ancienne sportive de haut niveau, elle a appris à entrainer des équipes avant d’entrer dans la vie professionnelle.

A la tête de la branche retail de Cegid, Nathalie Echinard dirige aujourd’hui avec passion une équipe d’environ 500 personnes. Fidèle à cette entreprise créée en 1983 par Jean-Michel Aulas et devenue en en quelques années un éditeur de dimension mondiale désormais valorisé à 5,5 milliards d’euros, Nathalie Echinard est entrée par la petite porte pour gravir tous les échelons de cette organisation. Au départ, rien ne la prédestinait vraiment à cette carrière dans le milieu des technologies et systèmes d’information. Très tôt, un entraineur sportif détecte chez cette jeune fille des capacités de championne de natation. Elle quitte alors son Jura natal, intègre une section sport-études à l’Institut national du sport et de l’éducation physique (aujourd’hui INSEP) situé dans le bois de Vincennes à Paris. L’apprentissage est rude mais formateur. «Je nageais jusqu’à 70 kilomètres par semaine. La natation est un sport difficile», se souvient la dirigeante. Ses capacités et sa ténacité la conduiront à rejoindre le palmarès des championnes de France de natation et à faire le tour du monde pour représenter les couleurs tricolores dans de nombreux pays.

femmes aux postes de commandes @clesdudigitalParallèlement à sa carrière de sportive, elle obtient son bac et prépare un BTS informatique. «Je ne voulais plus être à la charge de mes parents. J’avais un profil scientifique et l’informatique était un peu à la mode. Mais je me suis aussi vite rendue compte que je n’avais pas un profil de développeur et j’ai intégré l’IUT de Saint Denis pour obtenir un DUT de commerce et de techniques de l’information». Sa vie professionnelle commence ensuite véritablement chez Go Boutique, un éditeur informatique qui équipait les nombreux détaillants multimarques et marques textile de l’époque à l’instar des Créations Nelson qui donneront naissance à à l’enseigne Comptoir des Cotonniers.

D’une PME familiale à un groupe international

C’est aussi à cette époque, dans les années 90, que la Compagnie européenne de gestion par l’informatique décentralisée (Cegid) dont les logiciels sont plutôt destinés à la profession comptable, se diversifie et met un pied dans le retail avec le rachat de Go Boutique. Dès lors, la stratégie de croissance externe du groupe va se poursuivre avec les acquisitions successives d’Orli en 1997, un éditeur installé à Roanne spécialisé dans le secteur du textile et dont l’actionnaire principal était alors l’homme d’affaires Lucien Deveaux, puis ceux de Magestel en 2002, d’AS Infor en 2007 et surtout de VCS Timeless en 2008 et de Cylande en 2017. Ces deux dernières acquisitions lui apporteront une dimension plus internationale et enrichiront considérablement son portefeuille de clients dans l’univers de la mode. Le groupe va aussi faire grossir d’autres secteurs dans l’industrie, les RH et la gestion des talents (avec notamment Talentsoft en juillet 2021), l’expertise comptable (CGO en 2004, Servant Soft en 1999, Quadratus en 2004 et CCMX en 2006), ou plus récemment dans le secteur public avec Civitas en 2008 et Visa en 2010.

Savoir intégrer les nouvelles équipes

Promue rapidement chef de marché chez Go Boutique, Nathalie Echinard saura prendre sa place dans cet univers très masculin grâce notamment à ses capacités de meneuse d’équipe et à sa force de caractère. «La natation est un sport très individuel mais j’ai été capitaine du club de Clichy et j’ai toujours aimé entrainer les gens». Elle participe à la plupart de ces acquisitions et à l’intégration des nouvelles équipes. Et pour que les équipes adhèrent aux projets et relèvent leurs nouvelle missions, Nathalie Echinard met toujours en pratique les conseils de l’un de ses managers : «Il faut faire du « GBS » : du « Gros Bon Sens »», se souvient-elle.

Cegid renforce ses positions sur le marché du commerce spécialisé @clesdudigital

Donner du sens

Aujourd’hui, la dirigeante, membre du comité de direction depuis une vingtaine d’années, vient travailler tous les jours avec le même plaisir. «Tout au long de ce parcours, j’ai eu l’impression de changer d’entreprise et de progresser régulièrement. J’apprends toujours beaucoup des personnes qui arrivent pour nous rejoindre après les rachats. J’adore convaincre ceux qui n’ont pas choisi de travailler pour nous, leur expliquer le projet que l’on va mener ensemble. Il faut prendre le temps d’expliquer, de donner du sens. Ce sont toujours de nouveaux challenges». Quand au cours de ses voyages, elle entre dans une boutique équipée d’un système Cegid, elle est aussi fière d’appartenir à cette maison qui a tant grandi. Aujourd’hui son quotidien est toujours centré sur ses clients qu’elle rencontre régulièrement. «Chaque manager est sponsor d’un grand compte. J’en suis personnellement une vingtaine». Elle prête aussi une attention particulière au développement des nouveaux outils technologiques, reste à l’écoute des besoins exprimés par le club utilisateurs, en veille sur les nouvelles tendances du marché et les nouvelles pépites à acquérir pour faire grossir sa « business unit ». «C’est un travail collectif. L’arrivée de l’investisseur Silver Lake au capital de l’entreprise nous a par ailleurs impulsé une nouvelle dimension et nous pousse à toujours faire mieux».

Proche de ses équipes, Nathalie Echinard veille aussi à garder toujours sa porte ouverte. Elle essaie par ailleurs de sensibiliser les jeunes femmes au métier du numérique à travers la fondation Cegid Solidaire. Et si elle a, depuis quelques années déjà, délaissé les couloirs de natation et ne supporte plus l’odeur du chlore, elle n’a pas abandonné le sport, court régulièrement dans les parcs y compris lors de ses voyages professionnels comme dans Central Park au moment du salon NRF de New York. «Je suis aussi fan de cinéma… excepté des films d’horreur», raconte cette passionnée qui essaie de ne rater aucune sortie de film sur le grand écran.

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