Une tribune de Nicolas Favreau, Vice President, Offer Strategy chez Lectra. L’industrie de la mode est confrontée à un défi qui dépasse la créativité et l’innovation. Elle doit préserver un patrimoine de savoir-faire tout en répondant aux attentes des nouvelles générations. Dans le même temps, la complexité croissante des activités et l’accélération des cycles de développement mettent sous pression les modèles de travail établis. Dans ce contexte, la technologie et l’IA s’imposent comme des outils essentiels pour soutenir le développement des compétences et accélérer les processus. « La mode ne risque pas de manquer de talents. Le véritable enjeu est plutôt de préserver et valoriser son le savoir-faire afin que l’artisanat et la créativité restent au cœur du secteur, même dans un avenir où la technologie transformera profondément les façons de travailler et de collaborer », déclare Nicolas Favreau, Vice President, Offer Strategy chez Lectra. « Les marques capables de conjuguer compétences humaines, transmission des connaissances et innovation seront celles qui accéléreront leur développement, attireront les nouvelles générations de professionnels et resteront compétitives sur le long terme. Dans cette démarche, l’intelligence artificielle peut jouer un rôle décisif en rendant le patrimoine de connaissances de l’entreprise plus accessible, partageable et évolutif. » Un savoir-faire unique qui risque de disparaître avec le départ des experts Depuis des décennies, l’industrie de la mode s’appuie sur l’expertise des artisans, stylistes et spécialistes du développement produit. Ce capital de connaissances constitue l’épine dorsale du secteur et permet aux marques de transformer leur vision créative en produits de haute qualité. Aujourd’hui, toutefois, ce modèle est fragilisé. La création des patrons, l’ajustement des vêtements, le choix des matériaux ou encore le développement des collections reposent encore largement sur l’expérience individuelle acquise au fil des années. Ces compétences hautement spécialisées sont difficiles à formaliser, documenter ou transmettre à grande échelle, exposant ainsi le secteur à des défis liés à la continuité des activités et à la disponibilité des talents qualifiés. Lorsque les professionnels expérimentés partent à la retraite ou changent d’entreprise, les organisations perdent une partie de leur savoir-faire. Les jeunes collaborateurs peuvent alors manquer de repères essentiels, tandis que les décisions gagnent en incohérence. Aujourd’hui, trop d’entreprises dépendant encore d’un nombre limité d’experts clés. Elles doivent au contraire se doter de systèmes plus résilients pour garantir la continuité des connaissances. Les nouvelles générations attendent de nouveaux outils : la technologie comme passerelle entre les compétences et les générations Avec l’arrivée de nouvelles générations sur le marché du travail, les parcours d’apprentissage traditionnels doivent évoluer. D’un côté, les jeunes talents doivent acquérir rapidement des connaissances approfondies tout en évoluant dans des environnements fragmentés et changeants, parfois sans formation adéquate. De l’autre, ils recherchent des parcours professionnels transparents, des outils intuitifs et des environnements où l’apprentissage fait partie intégrante du quotidien. Or, les systèmes obsolètes et les processus cloisonnés ou mal documentés constituent souvent un frein. Cette situation peut compromettre le développement des compétences spécialisées. Si la technologie ne résout pas à elle seule la pénurie de talents, elle contribue néanmoins à la réduire. Les entreprises de mode peuvent notamment rendre les outils numériques plus accessibles aux nouveaux collaborateurs tout en valorisant l’expertise des équipes en place. Lorsque les systèmes reflètent les processus de travail et les modes de décision de l’entreprise, ils deviennent un véritable pont entre les générations. Des solutions structurées et intuitives facilitent la collaboration entre profils juniors et seniors, en intégrant directement les bonnes pratiques dans les processus plutôt que de s’appuyer uniquement sur une transmission informelle des connaissances. L’IA comme amplificateur des compétences humaines Face à une complexité opérationnelle croissante, l’intelligence artificielle s’impose comme un puissant levier de transformation du travail. Elle ne doit pas être considérée comme un substitut aux compétences créatives ou techniques, mais comme un outil capable d’en accroître la valeur et l’impact. Les solutions basées sur l’IA permettent de préserver le patrimoine de connaissances de l’entreprise, de standardiser les bonnes pratiques et de générer des analyses en temps réel pour soutenir la prise de décision. Intégrées aux processus de conception, de développement et de production, elles réduisent la dépendance à l’expérience individuelle et contribuent à garantir des résultats plus cohérents et reproductibles. Concrètement, l’IA peut analyser les données historiques pour faciliter le choix des matériaux, optimiser le bien-aller des produits et identifier les éventuels problèmes de production dès les premières étapes du processus. Les équipes moins expérimentées gagnent en autonomie et en confiance, en s’appuyant sur le savoir accumulé au sein de l’organisation. Dans le même temps, les collaborateurs les plus expérimentés peuvent consacrer davantage de temps à des activités à forte valeur ajoutée telles que l’innovation, le mentorat et la planification stratégique. L’IA joue également un rôle clé dans la formation. Les processus digitalisés, les flux de travail guidés et les recommandations intelligentes transforment l’apprentissage en une démarche continue, intégrée au quotidien. Enfin, elle contribue aussi à la maintenance prédictive et à l’optimisation de la production, aidant les entreprises à réduire les temps d’arrêt, améliorer leur efficacité opérationnelle et atteindre des objectifs ambitieux de performance. Investir dans les compétences et la technologie pour rester compétitif Aujourd’hui, investir à la fois dans les compétences et dans la technologie est devenu indispensable. L’objectif est de valoriser la contribution humaine : en automatisant les tâches répétitives à faible valeur ajoutée, les collaborateurs peuvent se concentrer sur la créativité, la prise de décision et la résolution de problèmes. Parallèlement, la nécessité d’investir dans le développement des compétences s’intensifie. Selon une étude de Business of Fashion et McKinsey & Company, d’ici 2030, jusqu’à 40 % des travailleurs des économies avancées devront acquérir de nouvelles compétences ou changer de fonction pour s’adapter aux évolutions technologiques. Le secteur de la mode ne fait pas exception : les métiers évoluent rapidement et la capacité à promouvoir la formation continue, la montée en compétences et l’apprentissage tout au long de la carrière constitue un facteur différenciant pour attirer les talents, accélérer l’innovation et préserver la compétitivité à long terme. La pénurie de talents qui touche les fonctions de développement et de production dans l’industrie de la mode est une réalité tangible. « Les entreprises qui sous-estiment ce phénomène risquent de perdre en cohérence et en réactivité sur un marché toujours plus compétitif et en constante évolution », conclut Nicolas Favreau. « À l’inverse, les marques qui choisissent d’investir à la fois dans les personnes et dans la technologie créent les conditions d’une croissance plus durable et plus innovante. Cela implique de promouvoir l’apprentissage continu, de digitaliser la formation et les tâches administratives, et d’utiliser l’IA ainsi que les outils numériques comme des leviers destinés à valoriser, et non à remplacer, les compétences humaines ».
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Une tribune de Nicolas Favreau, Vice President, Offer Strategy chez Lectra.
L’industrie de la mode est confrontée à un défi qui dépasse la créativité et l’innovation. Elle doit préserver un patrimoine de savoir-faire tout en répondant aux attentes des nouvelles générations. Dans le même temps, la complexité croissante des activités et l’accélération des cycles de développement mettent sous pression les modèles de travail établis. Dans ce contexte, la technologie et l’IA s’imposent comme des outils essentiels pour soutenir le développement des compétences et accélérer les processus.
« La mode ne risque pas de manquer de talents. Le véritable enjeu est plutôt de préserver et valoriser son le savoir-faire afin que l’artisanat et la créativité restent au cœur du secteur, même dans un avenir où la technologie transformera profondément les façons de travailler et de collaborer », déclare Nicolas Favreau, Vice President, Offer Strategy chez Lectra. « Les marques capables de conjuguer compétences humaines, transmission des connaissances et innovation seront celles qui accéléreront leur développement, attireront les nouvelles générations de professionnels et resteront compétitives sur le long terme. Dans cette démarche, l’intelligence artificielle peut jouer un rôle décisif en rendant le patrimoine de connaissances de l’entreprise plus accessible, partageable et évolutif. »
Un savoir-faire unique qui risque de disparaître avec le départ des experts
Depuis des décennies, l’industrie de la mode s’appuie sur l’expertise des artisans, stylistes et spécialistes du développement produit. Ce capital de connaissances constitue l’épine dorsale du secteur et permet aux marques de transformer leur vision créative en produits de haute qualité. Aujourd’hui, toutefois, ce modèle est fragilisé.
La création des patrons, l’ajustement des vêtements, le choix des matériaux ou encore le développement des collections reposent encore largement sur l’expérience individuelle acquise au fil des années. Ces compétences hautement spécialisées sont difficiles à formaliser, documenter ou transmettre à grande échelle, exposant ainsi le secteur à des défis liés à la continuité des activités et à la disponibilité des talents qualifiés.
Lorsque les professionnels expérimentés partent à la retraite ou changent d’entreprise, les organisations perdent une partie de leur savoir-faire. Les jeunes collaborateurs peuvent alors manquer de repères essentiels, tandis que les décisions gagnent en incohérence. Aujourd’hui, trop d’entreprises dépendant encore d’un nombre limité d’experts clés. Elles doivent au contraire se doter de systèmes plus résilients pour garantir la continuité des connaissances.
Les nouvelles générations attendent de nouveaux outils : la technologie comme passerelle entre les compétences et les générations
Avec l’arrivée de nouvelles générations sur le marché du travail, les parcours d’apprentissage traditionnels doivent évoluer.
D’un côté, les jeunes talents doivent acquérir rapidement des connaissances approfondies tout en évoluant dans des environnements fragmentés et changeants, parfois sans formation adéquate. De l’autre, ils recherchent des parcours professionnels transparents, des outils intuitifs et des environnements où l’apprentissage fait partie intégrante du quotidien. Or, les systèmes obsolètes et les processus cloisonnés ou mal documentés constituent souvent un frein.
Cette situation peut compromettre le développement des compétences spécialisées. Si la technologie ne résout pas à elle seule la pénurie de talents, elle contribue néanmoins à la réduire. Les entreprises de mode peuvent notamment rendre les outils numériques plus accessibles aux nouveaux collaborateurs tout en valorisant l’expertise des équipes en place.
Lorsque les systèmes reflètent les processus de travail et les modes de décision de l’entreprise, ils deviennent un véritable pont entre les générations. Des solutions structurées et intuitives facilitent la collaboration entre profils juniors et seniors, en intégrant directement les bonnes pratiques dans les processus plutôt que de s’appuyer uniquement sur une transmission informelle des connaissances.
L’IA comme amplificateur des compétences humaines
Face à une complexité opérationnelle croissante, l’intelligence artificielle s’impose comme un puissant levier de transformation du travail. Elle ne doit pas être considérée comme un substitut aux compétences créatives ou techniques, mais comme un outil capable d’en accroître la valeur et l’impact.
Les solutions basées sur l’IA permettent de préserver le patrimoine de connaissances de l’entreprise, de standardiser les bonnes pratiques et de générer des analyses en temps réel pour soutenir la prise de décision. Intégrées aux processus de conception, de développement et de production, elles réduisent la dépendance à l’expérience individuelle et contribuent à garantir des résultats plus cohérents et reproductibles.
Concrètement, l’IA peut analyser les données historiques pour faciliter le choix des matériaux, optimiser le bien-aller des produits et identifier les éventuels problèmes de production dès les premières étapes du processus. Les équipes moins expérimentées gagnent en autonomie et en confiance, en s’appuyant sur le savoir accumulé au sein de l’organisation. Dans le même temps, les collaborateurs les plus expérimentés peuvent consacrer davantage de temps à des activités à forte valeur ajoutée telles que l’innovation, le mentorat et la planification stratégique.
L’IA joue également un rôle clé dans la formation. Les processus digitalisés, les flux de travail guidés et les recommandations intelligentes transforment l’apprentissage en une démarche continue, intégrée au quotidien. Enfin, elle contribue aussi à la maintenance prédictive et à l’optimisation de la production, aidant les entreprises à réduire les temps d’arrêt, améliorer leur efficacité opérationnelle et atteindre des objectifs ambitieux de performance.
Investir dans les compétences et la technologie pour rester compétitif
Aujourd’hui, investir à la fois dans les compétences et dans la technologie est devenu indispensable. L’objectif est de valoriser la contribution humaine : en automatisant les tâches répétitives à faible valeur ajoutée, les collaborateurs peuvent se concentrer sur la créativité, la prise de décision et la résolution de problèmes.
Parallèlement, la nécessité d’investir dans le développement des compétences s’intensifie. Selon une étude de Business of Fashion et McKinsey & Company, d’ici 2030, jusqu’à 40 % des travailleurs des économies avancées devront acquérir de nouvelles compétences ou changer de fonction pour s’adapter aux évolutions technologiques. Le secteur de la mode ne fait pas exception : les métiers évoluent rapidement et la capacité à promouvoir la formation continue, la montée en compétences et l’apprentissage tout au long de la carrière constitue un facteur différenciant pour attirer les talents, accélérer l’innovation et préserver la compétitivité à long terme.
La pénurie de talents qui touche les fonctions de développement et de production dans l’industrie de la mode est une réalité tangible. « Les entreprises qui sous-estiment ce phénomène risquent de perdre en cohérence et en réactivité sur un marché toujours plus compétitif et en constante évolution », conclut Nicolas Favreau. « À l’inverse, les marques qui choisissent d’investir à la fois dans les personnes et dans la technologie créent les conditions d’une croissance plus durable et plus innovante. Cela implique de promouvoir l’apprentissage continu, de digitaliser la formation et les tâches administratives, et d’utiliser l’IA ainsi que les outils numériques comme des leviers destinés à valoriser, et non à remplacer, les compétences humaines ».
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