YouTube a lancé en France son programme d’affiliation Shopping, présenté au YouTube Festival à Paris. Les créateurs éligibles peuvent désormais taguer des produits dans leurs vidéos, Shorts et lives, et toucher une commission. Reste à savoir quels marchands français joueront le jeu.
Jusqu’ici, les créateurs français glissaient leurs liens affiliés dans la description ou les commentaires. Avec un produit tagué, un bouton « Shopping » s’affiche : le spectateur ouvre la liste des articles présentés, puis finalise sa commande sur le site du marchand, qui garde la main sur le prix, le paiement, la livraison et le SAV. Une vidéo longue peut compter jusqu’à 60 produits, horodatés au-delà d’une minute, et l’IA de YouTube peut proposer les tags à partir du titre, de la description et des sous-titres. Les enseignes référencent leurs produits via Google Merchant Center. YouTube annonce jusqu’à 110 % de clics supplémentaires par rapport à un lien en description, observés notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni : un plafond certes, mais pas une moyenne.
Qui peut vendre et à quelles conditions
Côté créateurs, il faut appartenir au Programme Partenaire YouTube et compter au moins 500 abonnés. Les chaînes musicales, les chaînes officielles d’artistes, celles conçues pour les enfants et celles sous avertissement actif sont exclues. Chaque produit tagué doit être cité à l’oral ou à l’écrit. L’agence Thrive note que les pages d’aide, consultées le 15 octobre, ne listaient pas encore la France partout : mieux vaut vérifier son accès dans YouTube Studio. Les taux de commission ne sont pas publics et varient selon le partenaire. Pour Yann Damongeot, directeur YouTube Ads France, la commission est «modulable par les marques».
C’est le point faible du lancement : aucun marchand français n’est annoncé. Seul Amazon est cité comme catalogue partenaire, d’abord ouvert aux créateurs américains. Back Market, Ubisoft, Badoit et Klorane, mises en avant par YouTube, utilisent ses outils de partenariats avec les créateurs, comme YouTube Insights, mais n’ont pas été annoncées comme marchands Shopping. Aucun vendeur français ne figure donc, pour le moment, parmi les cas publics connus.
Face à TikTok Shop
Ouvert en France fin mars 2025, TikTok Shop revendiquait 33 000 vendeurs français en mars 2026, avec environ 20 % des ventes réalisées en live. YouTube arrive 18 mois plus tard avec d’autres atouts : 43 millions d’utilisateurs mensuels en France, 55 minutes passées par jour, 40 % des vues réalisées plus d’un mois après la mise en ligne et, pour plus de la moitié des 100 premiers créateurs français, un pic d’audience sur l’écran de télévision. Selon YouTube, 98 % des Français font davantage confiance à ses créateurs qu’aux influenceurs des autres réseaux sociaux numériques.
Dans le monde, la valeur des ventes générées sur YouTube Shopping a été multipliée par 13 entre le premier trimestre 2024 et le premier trimestre 2026. En France, tout reste à prouver : sans enseignes locales, les créateurs risquent de recommander surtout des produits Amazon ou tiers. YouTube saura-t-il convaincre les marchands français avant que l’effet de nouveauté ne retombe ?
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