Moins d’embauches en général mais davantage avec la maitrise de l’IA, c’est le résumé d’une étude réalisée par le portail de recrutement Indeed.
Le nombre d’offres d’emploi enregistré sur le service Indeed est désormais un peu inférieur à celui du février 2020, dernière statistique avant la pandémie. Le marché du recrutement diminue constamment. Les prix de l’énergie sont en hausse et la confiance des entreprises est en baisse, le diagnostic est largement partagé. L’incertitude s’installe et freine les décisions d’investissement et les projets d’embauche.
L’enquête en ligne a été réalisée pour le compte d’Indeed par YouGov dans huit pays dont la France, l’Allemagne, l’Irlande, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, l’Australie et le Japon, auprès d’environ 10 000 personnes dans chaque pays. Elle montre une nouveauté dans le paysage de recrutement : l’apparition d’offres d’emploi mentionnant la maitrise de l’IA comme un des critères requis. Près de 3,4% d’annonces étudiées en France comportent cette exigence, et nous sommes bien en retard, constate l’étude : en Allemagne c’est 4,1%, 4,9% aux États-Unis et même 7,5% des offres d’emploi au Royaume-Uni qui font référence à l’IA. Sans nécessairement préciser le niveau de maitrise requis tellement le sujet est nouveau.
Dans le contexte économique instable, «la capacité des entreprises à intégrer l’intelligence artificielle dans leurs processus et celle des salariés à s’en saisir dans leurs pratiques quotidiennes deviennent déterminantes», notent les auteurs. L’adoption de l’IA apparaît comme le principal levier de transformation. Les employeurs jouent un rôle décisif dans la création d’un environnement favorable à l’utilisation de l’IA, mais ce sont les usages et les perceptions des salariés qui façonnent la vitesse et la nature de son expansion dans l’économie réelle.
Les grandes entreprises sont parmi les premiers recruteurs «avec l’IA». Pour les postes liés au développement informatique, une offre sur cinq (21%) mentionne l’IA, et 15,4% dans l’administration système. Dans la banque et la finance, 12,4% des offres d’emploi demandent une maitrise de l’IA. Elles sont 9,9% dans le génie industriel, 7% dans les médias et communication. Des fonctions transversales comme le marketing (8,7%), la gestion de projet (8,6%) ou les ressources humaines(5,5%), sont aussi demandeuses.
Sans trop de surprise, cette nouvelle tendance dans le recrutement fait place belle aux jeunes. Parmi la génération Z, 14 % des répondants utilisent l’IA au travail tous les jours. Un taux deux fois plus élevé que celui de la génération X. Près de la moitié de la génération Z (45 %) et un tiers des Millennials (35 %) utilisent l’IA au moins une fois par semaine, contre seulement un quart de la génération X et des baby-boomers. Inversement, près de 60 % des répondants de la génération X et des boomers déclarent n’avoir jamais travaillé avec des outils d’IA. L’écart générationnel se transforme en écart d’employabilité face à la nouvelle techno. Un phénomène pas encore massif mais en forte croissance : dans la plupart des fonctions citées plus haut, le nombre d’offres d’emploi «avec l’IA» a augmenté de moitié sur un an. Ostensiblement au détriment des offres qui n’exigent pas la maitrise de cette techno.
L’IA pour les tâches administratives et la création des contenus
Parmi les champs d’application les plus demandés en entreprise, on trouve les tâches administratives et la création des contenus. Ici les écarts générationnels ne pèsent pas autant puisque près de la moitié des baby-boomers déclarent faire appel à l’IA pour des tâches administratives quand seulement un peu plus d’un tiers des autres générations font de même, selon l’étude. Pour la création des contenus, l’étude révèle moins de différence générationnelle, même si la Gen Z et les Millennials gardent un petit avantage, surtout sur les tâches cognitives.
Cette facilité peut aussi se retourner contre eux. Connaissant les capacités de l’IA pour accomplir un large éventail de tâches, les jeunes générations craignent davantage les conséquences sur l’emploi et sur leur avenir professionnel en particulier. La crainte de remplacement est désormais marquée. Ils sont entre 36% et 38% chez la GenZ à penser que l’IA pourrait prendre leur emploi ou celui d’un collègue. Cette crainte ne dépasse pas 20% à 25% chez les baby-boomers. D’un autre côté, la génération des baby-boomers née au plus tard en 1964,étant aujourd’hui plutôt en fin de carrière et souvent à des postes de responsabilité, ils ont davantage l’espoir de garder l’emploi pour quelques années restant jusqu’à la retraite.
Quant aux jeunes qui montrent des taux d’adoption de l’IA les plus élevés et aussi les craintes les plus fortes, l’enjeu est double selon l’étude : «exploiter l’IA comme levier de performance tout en évoluant dans un marché du travail en contraction, marqué par la baisse des offres d’apprentissage et un taux de chômage des moins de 25 ans à 21,5 % au quatrième trimestre 2025». Autant dire que l’avenir professionnel des jeunes face à l’IA n’est pas toujours radieux.
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