Des analyses menées dans l’Union Européenne sur plus d’une centaine de vêtements révèlent des problèmes d’étiquetage, des non-conformités qui sont économiquement préjudiciables et qui nuisent à la confiance des consommateurs, selon les autorités de surveillance.
Alors que le Digital Product Passport (DPP) prépare son entrée en vigueur d’ici deux ans, l’étiquetage des vêtements est loin d’être parfait en Europe. C’est même un «problème systémique», selon l’UE qui vient d’effectuer des tests sur 132 vêtements. Les résultats de cette campagne soutenue par la direction générale du marché intérieur, de l’industrie, de l’entrepreneuriat et des PME (DG GROW) de la Commission européenne sont sans appel : dans 49 échantillons (37 %), les étiquettes ne reflétaient pas correctement les matériaux utilisés. Au total, 44 hauts, 36 vêtements pour bébés, 15 vêtements de sport, 12 tenues de nuit, 5 foulards et 20 autres types de vêtements ont été échantillonnés. Pour réaliser ces analyses, les autorités de surveillance du marché (ASM) d’Allemagne, de Chypre, du Danemark, de Finlande, d’Italie, de Lituanie, de Malte et du Portugal ont acheté 104 articles dans des magasins et 28 en ligne. Réalisés dans un laboratoire accrédité en Italie, les tests ont révélé que le taux d’échec était de 46 % pour les achats en ligne (ce qui inclut les sites web des détaillants) et de 36 % pour les articles achetés dans des magasins physiques De nombreux produits, en particulier ceux importés de l’extérieur de l’UE/AELE, ne comportaient pas d’informations de base sur le fabricant, ce qui complique l’application de la législation ou les rappels.
Tous ces articles étaient fabriqués à partir de laine, de coton et de mélanges de fibres. «Trois principaux types de non-conformité ont été constatés : les fibres étaient correctement indiquées sur les étiquettes, mais le pourcentage déclaré ne correspondait pas au pourcentage réel. Ensuite, certains produits contenaient des fibres différentes et moins chères que celles déclarées. Enfin, pour certains produits, des fibres ont été déclarées ou nommées de manière incorrecte. Ces non-conformités sont économiquement préjudiciables et sapent la confiance des consommateurs», indique l’organisation.
Dans le détail, les taux d’échec sont les plus élevés pour les foulards, les hauts et les vêtements pour bébés, avec respectivement 80 %, 54 % et 25 % d’échantillons ayant échoué. Pour les autres catégories testées, les taux d’échec étaient plus faibles : 13 % pour les vêtements de sport, 16 % pour les tenues de nuit, et 40 % pour les autres catégories. Les tests portant sur les types de fibres ont montré que les échantillons étiquetés comme contenant un mélange de fibres naturelles et artificielles présentaient le taux d’échec le plus élevé (64 %), suivis par les échantillons étiquetés comme contenant un mélange de fibres naturelles, avec un taux d’échec de 46 %. Les échantillons étiquetés «100 % fibre naturelle unique» présentaient un taux d’échec de 15 %. Les autorités de surveillance du marché (ASM) ont souligné que «ces non- conformités présentent des risques économiques importants pour les consommateurs, nuisent à la concurrence loyale et compliquent le recyclage, qui nécessite une identification précise des fibres.»
Arrêts de vente, nouveaux étiquetages et avertissements
Les ASM ont ordonné l’arrêt des ventes de 18 produits. Les fabricants de deux produits ont été invités à prendre des mesures correctives, tandis que deux autres produits ont dû faire l’objet d’un nouvel étiquetage. Pour trois produits, les opérateurs économiques ont été invités à apposer sur leurs articles les avertissements appropriés. Au début du mois de mars 2026, des mesures sont en cours pour 24 produits. Au total, 41 produits ont été enregistrés dans le système d’information et de communication pour la surveillance des marchés, la plateforme de l’UE permettant aux autorités de surveillance du marché de partager les résultats des tests de produits et les constatations de non-conformité pour coordonner l’application de la législation et retirer du marché les produits non alimentaires dangereux. «Le taux élevé d’échec suggère que les erreurs d’étiquetage sont largement répandues, ce qui souligne l’importance de poursuivre les tests et la nécessité de sensibiliser l’industrie à ses obligations en matière d’étiquetage. Lors de l’achat de vêtements, les consommateurs devraient se méfier des prix très bas ou des offres qui semblent trop belles pour être vraies, et préférer les produits dont l’adresse ou le site web du fabricant sont mentionnés sur l’étiquette. Cela permet de garantir la responsabilité et la traçabilité. Les importateurs, les distributeurs et les détaillants devraient vérifier que les étiquettes et les marquages figurent sur tous les articles. Les entreprises et les ASM doivent veiller à ce que les vêtements finis et les rouleaux de tissu soient soumis à des tests rigoureux. »
Pour Vanessa Capurso, chargée de mission à la DG GROW : «Les consommateurs et les entreprises doivent savoir que les étiquettes apposées sur les vêtements qu’ils achètent donnent une image fidèle de la composition en fibres de ces vêtements. Les campagnes de surveillance du marché permettent de s’assurer que les consommateurs en ont pour leur argent et de protéger les entreprises contre la concurrence déloyale»,
Je souhaite lire les prochains articles des Clés du Digital, JE M’INSCRIS A LA NEWSLETTER

Laisser un commentaire