Emilie Sidiqian : la transformation en action

Temps de lecture : 5 minutes

la barre pour se dépasser @clesdudigitalAujourd’hui à la tête de l’éditeur Salesforce en France, précurseur de la relation client dans le Cloud, Émilie Sidiqian a toujours fixé très haut la barre pour se dépasser.

En prenant la direction générale de Salesforce France en mai 2021, Émilie Sidiqian sera sans nul doute parvenue à aligner ses planètes. Passionnée et intarissable sur sa nouvelle aventure professionnelle, la dirigeante a trouvé une entreprise qu’elle admirait depuis longtemps déjà. Née dans le sud de la France dans un village de l’arrière pays cannois, Émilie Sidiqian était prédestinée à faire des études de médecine selon les espoirs de ses parents médecin et infirmière de profession qui la poussent à étudier le latin et le grec à l’école. Mais c’était sans compter sur l’intuition de l’une de ses professeures de maths qui voyait plutôt cette bonne élève suivre une prépa et qui va réussir à convaincre sa famille de l’orienter dans cette voie.

Elle intégrera l’Edhec qui a l’avantage de disposer d’un campus à Nice non loin de la maison familiale. Avec ses principes qui favorisent l’esprit d’entreprise et l’investissement personnel, cette école de commerce convient bien à la jeune étudiante qui très vite a l’envie d’effectuer des stages atypiques. «Je suis partie au Kirghizistan au consulat de France. J’avais envie de découvrir d’autres cultures et l’origine afghane de mon père, qui est arrivé en France sans parler un mot de français, m’attirait vers ces pays et ces zones de conflits. J’ai pas mal baroudé», raconte Émilie Sidiqian. En 2001, elle achève ses études avec un MBA obtenu à Bangalore, la Silicon Valley indienne, où elle se frotte à l’univers de la tech. «Mais ce n’était pas une totale découverte. J’avais deux frères geek à la maison qui démontaient et remontaient des ordinateurs».

Une image de “madame Transfo”

A son retour en France, elle «prend son bâton de pèlerin» et envoie une centaine de CV et reçoit des propositions dans les secteurs bancaires et automobile. Mais son profil va finalement attirer Accenture qui veut développer le secteur de l’énergie. Elle restera plus de 19 ans dans ce groupe de conseil, partenaire stratégique des entreprises et des institutions françaises dans leur transformation technologique et humaine et plusieurs fois bien positionné dans le classement “Great Place To Work”. Émilie Sidiqian y débute sa carrière comme analyste avant de devenir directrice générale dix ans plus tard. «Accenture avait besoin de monde pour de grands programmes d’harmonisation des centrales nucléaires. J’ai participé à des missions de l’amont, de la production de l’énergie, jusqu’au développement des compteurs Linky. Le secteur était en pleine transformation technologique et j’ai moi-même fini par avoir cette image de “madame Transfo”», se souvient la dirigeante qui va accompagner des groupes français de la Chine aux États-Unis et qui sera chargée des activités retail, T&D (Transmission et Distribution) pour l’ouverture du marché de l’électricité.

la barre pour se dépasser @clesdudigitalEn apprentissage continu

Quand elle quitte Accenture, elle aura grimpé jusqu’au dernier échelon de l’organigramme au poste de senior managing director en charge du P&L de la ligne de service technologie pour la France et le Benelux et à la tête de 12 000 personnes. «Je suis restée toutes ces années chez Accenture car j’étais en apprentissage continu. C’était un rythme soutenu et j‘avais envie d’apprendre, de me réinventer. Plus on monte dans l’organisation, plus on change sa manière d’opérer». A ce niveau de responsabilité, les femmes sont rares. «En arrivant dans le secteur de l’énergie, j’étais déjà dans un univers très masculin et je n’étais pas ingénieure. J’ai du mettre la barre très haut. Je ne suis jamais satisfaite de moi-même mais je me donne les capacités pour y arriver. Il s’agit d’être irréprochable, de dire ce que l’on fait et de faire ce que l’on dit. Je n’ai pas de formation dans la tech. Je suis venue du terrain et j’ai fait de l’intégration pendant dix ans. Cela me donne aussi la capacité de rendre pédagogique quelque chose de compliqué». Émilie Sidiqian va aussi beaucoup s’ impliquer dans le lancement de la filiale Access dont la mission est d’aider à la réinsertion et à la reconversion professionnelle.

Accompagner les entreprises de bout en bout

Pendant ces années passées dans le cabinet, elle est aussi en contact avec de nombreux partenaires technologiques, dont Salesforce. Elle suit alors avec intérêt la croissance de cette start-up spécialisée dans la relation client qui deviendra en quelques années un groupe international avec de fortes ambitions en France. «Les fondateurs considèrent que c’est un grand marché et apprécient aussi le pays où ils passent des vacances. Ils étaient dans un virage stratégique et voulaient entamer une nouvelle phase dans l’Hexagone, mieux accompagner les entreprises dans les régions et les différents comptes, les PME-PMI, le BtotB… Ils avaient besoin d’un profil plus « transfo» et d’une direction qui ne soit pas seulement commerciale pour accompagner les entreprises de bout en bout». Émilie Sidiqian qui connait bien et apprécie «L’Adn de l’entreprise et sa philosophie, avec son écosystème qui fait grandir les petits éditeurs, sa technologie ouverte et son engagement dans les causes solidaires», n’hésitera pas longtemps pour accepter le poste qu’on lui propose.

la barre pour se dépasser @clesdudigitalDéfenseure de l’égalité des chances et de la diversité

Avant de passer à l’action, la dirigeante va prendre le temps de connaitre la structure et les équipes, va organiser des focus groupes avec l’ensemble des collaborateurs, des clients grands et petits, des non-clients et des partenaires aussi pour comprendre «ce qui allait bien et moins bien, pour sortir du cadre. Cela a permis de nourrir ma vision et de construire une feuille de route. Maintenant nous allons le faire ensemble et nous allons aussi faire naitre des leaders de demain». Émilie Sidiqian se veut accessible, apprécie l’autodérision mais ne fait pas de concession sur la performance et est aussi une fervente défenseure de l’égalité des chances et de la diversité. «Je ne sais pas prendre un rôle si je n’y crois pas. J’aime aussi me dépasser», confie la dirigeante, qui a adhéré à un club d’échecs dès son plus jeune âge et a été sacrée championne de France à onze ans. Très attachée à la famille, à ses trois enfants, à son père aujourd’hui handicapé dont elle s’occupe beaucoup, elle aime aussi être présente pour les autres et joue du saxophone pendant ses moments de détente. «J’adore le jazz, cette musique où il faut respecter les règles tout en inventant», ajoute Émilie Sidiqian qui aime aussi se «ressourcer à la montagne».

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