Après un début d’année en demi-teinte, le marché de l’habillement décroche brutalement en septembre 2026 selon les derniers chiffres de l’Alliance du Commerce.
Pour l’Alliance du Commerce, organisation professionnelle dans l’équipement de la personne, réunissant les grands magasins, les magasins populaires et les enseignes de l’habillement et de la chaussure, le mois de septembre est qualifié de «catastrophique». Selon les résultats de son panel Retail Int. comportant plus de 70 enseignes d’habillement représentant plus de 10 000 magasins, le chiffre d’affaires en magasin chute de 17,6% en septembre par rapport à septembre 2025. «Septembre enregistre sa plus mauvaise performance depuis cinq ans. Cette chute brutale de l’activité est un signal d’alarme. La rentrée est une période essentielle pour l’activité et la trésorerie de nos entreprises. Beaucoup ont déjà engagé des plans d’économies et réduit leurs investissements. Un nouveau mois de cette ampleur placerait certaines enseignes dans une situation extrêmement difficile. Les trois derniers mois de l’année seront donc décisifs pour tout le secteur», estime Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce.
Les achats de saison impactés par la météo
Deux facteurs principaux expliquent cette chute d’activité selon l’organisation. D’une part les chaleurs exceptionnelles qui ont très fortement impacté les achats de saison. « À titre d’exemple, chez la femme, les ventes de grosses pièces enregistrent une baisse de – 45% quand, à l’inverse, le short progresse de + 24% par rapport à l’année dernière.» Enfin, l’accélération de l’inflation portée par les prix de l’énergie (+21,2% sur un an) pèse sur le pouvoir d’achat des Français et limite les déplacements des consommateurs, impactant notamment les lieux marchands les plus éloignés. Cette chute d’activité touche tous les segments de gamme, et notamment le segment «grand public» qui affiche un recul d’activité de -20,2%. L’Alliance du Commerce rappelle que la rentrée scolaire représente à elle seule 14% des ventes annuelles des enseignes de vêtements pour enfants. «Or, en septembre, l’enfant recule de -27,4%.»
Sur les neuf premiers mois de 2026, le chiffre d’affaires en magasin recule désormais de -4,7% par rapport à 2025. En septembre, tous les types d’emplacement subissent cette baisse d’activité.
Moins de déplacements en voiture vers les zones commerciales

Les zones d’activité commerciale et retail parks enregistrent le plus fort recul : -23,4% de chiffre d’affaires. «Ces destinations, qui supposent un déplacement en voiture, souffrent de la hausse des prix des carburants, mais aussi de la réduction du pouvoir d’achat de leur clientèle grand public.» Les centres commerciaux baissent aussi fortement, de -16,9% en périphérie et de -13,8% en centre-ville. Les commerces de centre-ville implantés sur rue (-11,1%) et les outlets (-12%) enregistrent eux aussi un recul à deux chiffres de leur chiffre d’affaires. Paris résiste mieux avec une baisse limitée à -6,4% de chiffre d’affaires, notamment grâce à l’activité touristique.
La fréquentation des points de vente recule pour sa part fortement sur la période, à -13,3%. Depuis le début de l’année, le trafic en magasin enregistre une baisse de -3,8%.
Les ventes en ligne ne sont pas épargnées
Enfin en cohérence avec les magasins physiques, les ventes en ligne chutent de -15,9% en septembre. Au cumul depuis le début de l’année, les ventes en ligne reculent de -1,8% par rapport à 2025.
«Dans ce contexte, nous appelons le Gouvernement à une extrême vigilance. La priorité doit être de préserver les entreprises, l’emploi et la consommation. Ce n’est certainement pas le moment d’alourdir davantage le coût du travail, notamment en réduisant les allègements de cotisations sociales sur les bas salaires. Il faut dans le même temps protéger le pouvoir d’achat des Français. La hausse des prix des carburants pèse sur leur budget et leurs déplacements, avec des conséquences particulièrement fortes pour les commerces situés en périphérie. Dans la situation actuelle, les entreprises ont besoin de visibilité et d’oxygène. Le moment n’est pas à ajouter de nouvelles contraintes, mais à créer les conditions de la confiance et de la stabilité», déclare Yohann Petiot.
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