Mélissa Mabire : le sens du partage et la passion de la relation client

Temps de lecture : 5 minutes

métier de vendeur en magasin @clesdudigitalPassionnée par le retail, la vente et la relation client, Mélissa Mabire veut redonner ses lettres de noblesse au métier de vendeuse et de vendeur en magasin.

Mélissa Mabire, fondatrice et CEO de Chrysalides, a toujours voulu aider les autres à grandir. Sportive de haut niveau, pratiquante de twirling bâton depuis ses six ans – une discipline dont l’entrainement est comparable à celui de la gymnastique ou du patinage artistique – elle participe à de nombreuses compétitions, consacrant jusqu’à 15 heures par semaine à cette discipline. Elle goûte à l’esprit d’équipe, au collectif. Son désir de partager et de former, la pousse alors choisir un parcours pour devenir professeur des écoles. Elle s’orientera vers la faculté pour poursuivre des études d’histoire. Mais un job d’étudiante comme hôtesse de caisse chez Norauto va la faire bifurquer. «J’ai décidé de ne pas passer le concours même si mon mémoire de fin d’études m’avait valu un 18 sur 20 et que l’un de mes professeurs m’avait conseillé de ne pas m’arrêter là. Mais chez Norauto, j’ai adoré la relation client», se souvient Melissa Mabire. Sa route est tracée : la voici plongée pour longtemps dans l’univers du retail, de la vente, de la relation client.

métier de vendeur en magasin @clesdudigitalFaire grandir les équipes régionales

Rapidement elle grimpe les échelons dans l’enseigne de centres auto, passe de l’encaissement à la vente, puis à la gestion de l’administration. «Mais je ne me voyais pas diriger un centre auto !». En 2002, elle rejoint Tape à L’œil, une autre enseigne de d’Association Familiale Mulliez, plus proche de ses aspirations. Pendant deux ans, elle y sera responsable de magasin à Amiens, Béthune et Dunkerque, avant de rapidement devenir responsable de région. «Mes années de sport intensif et au service ensuite d’associations sportives m’ont apporté de la rigueur et un sens de l’organisation qui me sont encore aujourd’hui toujours utiles. Cela m’a aussi aidé à me structurer».

C’est pendant cette période, en exerçant à cette direction régionale de l’enseigne de mode enfantine, qui s’étend alors de Bayonne à Brest, que Mélissa Mabire croisera la route d’Édouard Blanchet, actuel CEO de Tape à L’œil, entré dans l’entreprise en 2003 comme animateur régional. «Je lui ai succédé dans la région Paris-Normandie. J’ai démarré avec une dizaine de magasins et il y en avait plus de 25 à mon retour. J’ai formé, accompagné, j’ai appris l’endurance, l’agilité et la capacité à s’investir pour développer la performance des collaborateurs et de l’entreprise», raconte l’entrepreneuse qui passera ensuite par la région Sud-Est puis mènera un projet de transformation avec McKinsey sur l’efficacité commerciale et le pilotage de ce changement. «C’est au cours de cette année de transformation, que j’ai appris le réel sens de la création de valeur, qu’elle soit humaine ou économique. J’ai eu en effet l’occasion d’orchestrer le déploiement, au sein de tout le réseau TAO, des nouvelles méthodes de travail, et de transformer les organisations de l’entreprise en fonction de ces nouveaux process».

métier de vendeur en magasin @clesdudigitalMelissa Mabire assiste à la montée en puissance de l’omnicanal et voit se dessiner les nouveaux rôles du vendeur. Pendant ces années sur le terrain et en région, elle mène des projets mais elle veut aussi se poser après ses tours de la France pour se consacrer un peu plus à sa famille. Cela tombe bien : Tape à L’œil lance un nouveau concept. Avec son sens de l’organisation, la voici propulsée responsable de la transformation et de la conduite du changement. Pendant trois ans, elle a «la chance de pouvoir orchestrer les transformations de l’entreprise autour de la digitalisation des points de vente avec les lancements des services omnicanaux, du concept phygital TAO connect à Roncq et XXL à Fâches». Il s’agit de digitaliser les points de vente avec le lancement des services omnicanaux, de réaffecter du chiffre d’affaires Web aux magasins, d’équiper les vendeurs en tablette et d’ industrialiser le concept. «J’ai découvert l’innovation, rencontré des prestataires technologiques comme Improveeze, Retail Reload… ».

Valoriser le métier du vendeur

Après quasiment seize années passées dans cette même enseigne, après avoir lancé le projet «Réinventer le métier magasin» pour repenser les organisations métiers et les process en fonction des évolutions commerce, la voici prête pour de nouvelles aventures. «J’avais fait un peu le tour chez TAO et pas envie de faire la même chose ailleurs. Je réfléchissais déjà depuis quelque temps à un projet entrepreneurial et j’avais plein d’idées en tête. Je me demandais comment je pouvais être utile ailleurs, comment aider d’autres réseaux». Après avoir réalisé un état des lieux et un benchmark du secteur, visité des magasins indépendants de grandes chaines de mode, Melissa Mabire voit combien il leur reste du chemin à parcourir pour se transformer. Elle effectue une première mission en tant que consultante chez Camaïeu, rencontre Jean-Philippe Taverdet, créateur d’Incubate Yourself qui la soutient dans la création de Chrysalides, «un cabinet de conseil et de formation vers un commerce unifié». Implanté dans les Hauts de France, agréé comme organisme de formation avec Chrysalides School, le cabinet intervient pour les enseignes de l’AFM mais pas seulement et compte une dizaine de collaborateurs sans compter les freelances.

métier de vendeur en magasin @clesdudigital«Dans notre démarche, nous avons une phase stratégique. Les marques peuvent aussi nous solliciter quand elles font un appel d’offre et ont besoin de choisir les bons outils. Mais nous sommes plutôt dans le pilotage et la conduite du changement. Notre métier est d’accompagner et donner du sens… il faut que les outils facilitent le métier du vendeur. Nous les aidons dans leurs gestes métier. Nous formons les gens à devenir des coachs terrain mais les marques n’ont pas toujours conscience de ce besoin».

«Accomplissement, transversalité, authenticité» sont quelques uns des mots clé qu’elle revendique. «Valoriser le métier du vendeur, redonner une vraie place à ce métier de service, c’est ce qui m’anime le matin », raconte Mélissa Mabire qui n’a plus beaucoup de temps pour s’adonner à ses activités sportives, mais en prend tout de même pour cuisiner et faire des lointains voyages avec sa fille, qui prête toujours, elle aussi, beaucoup d’attention aux personnels de vente dans les boutiques. «Je crois que je l’ai un peu déformée», sourit la professionnelle.

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