
Une tribune d’Olivier Riquet, directeur général de Global POS. Jusque là perçu comme une simple solution de financement qui facilite des achats plus importants, le paiement fractionné change de statut. En effet, selon une récente étude [1], 79 % des Français ont eu recours au paiement fractionné au cours des six derniers mois, 40 % l’utilisent au moins une fois par an et près de 30 % plus de deux à trois fois par an. Le paiement fractionné s’est imposé comme un outil de gestion du budget du quotidien, utilisé non pas par nécessité mais par choix. Une évolution qui en dit long sur les attentes des Français. Avec un pouvoir d’achat en berne, les consommateurs recherchent davantage de flexibilité et de visibilité dans leurs dépenses. Ils veulent pouvoir acheter quand ils en ont besoin, tout en gardant la maîtrise de leur budget. Le paiement fractionné répond précisément à cette attente, la question du financement n’intervenant pas uniquement à la fin du parcours d’achat mais bien en amont. Aujourd’hui, les consommateurs préparent leurs achats bien avant d’entrer en magasin en comparant les offres, consultant les avis, recherchant des informations en ligne et évaluant ce qu’ils sont prêts à dépenser. Anticiper qu’un achat pourra être réglé en plusieurs fois fait office de variable dans la prise de décision. Le paiement fractionné joue un rôle central dans la construction de l’achat lui-même. C’est particulièrement vrai dans les secteurs où les montants engagés sont significatifs. Les secteurs historiques comme l’électroménager, la téléphonie ou les produits électroniques (25%) figurent parmi les univers où le paiement fractionné est le plus utilisé. En revanche, il est maintenant fortement envisagé pour l’entretien automobile (60%), les frais vétérinaires (43%), les obsèques 46%) ou les formations professionnelles (37%). Dans ces marchés, le financement ne sert plus seulement à faciliter l’achat ; il contribue à rassurer le consommateur et à l’aider à se projeter dans sa décision. Les enseignes doivent revoir leur approche et intégrer le paiement fractionné à l’expérience client dans son ensemble. L’enjeu est d’autant plus important que les parcours sont, eux aussi, omnicanaux. Un client peut découvrir un produit sur internet, comparer les prix sur son téléphone puis finaliser son achat en magasin. Il s’attend naturellement à retrouver les mêmes services à chaque étape. Si le paiement fractionné est mis en avant en ligne mais absent en point de vente, ou inversement, la promesse d’expérience fluide disparaît. La question n’est donc plus de savoir s’il faut proposer le paiement fractionné mais la manière dont il s’intègre au parcours d’achat. Les enseignes qui feront la différence seront celles qui sauront rendre ce service simple, visible et accessible au bon moment. Celles qui comprendront que le paiement fractionné n’est pas uniquement un outil de financement, mais aussi un levier d’expérience client. Si les écarts de prix se réduisent et que les produits se ressemblent de plus en plus, chaque point de friction compte. Chaque élément qui simplifie la décision d’achat crée de la valeur et le paiement fractionné fait désormais partie de ces éléments. Accompagner un client dans sa façon de payer, c’est aussi l’accompagner dans sa décision d’acheter. [1] Édition 2026 de l’étude paneuropéenne réalisée par Bamboo Research pour Younited auprès de 3 000 répondants en France, Espagne et Italie.
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