Le commerce dans les moteurs de réponse IA entre dans une nouvelle phase de monétisation. Selon des analystes de ForresterResearch, OpenAI applique désormais une commission de 4 % aux marchands utilisant le paiement natif dans ChatGPT, via son partenariat avec Shopify.
Concrètement, les commerçants Shopify peuvent transmettre automatiquement leur catalogue produits à ChatGPT et permettre un «Instant Checkout» directement dans l’interface conversationnelle. Mais cette nouvelle couche de distribution a un coût : aux 4 % prélevés par OpenAI s’ajoutent les frais de Shopify Payments (en moyenne 2,9 % + 0,30 $ par transaction). Résultat : un coût total estimé à plus de 7 % par vente, hors éventuels frais techniques additionnels.
Pour les acteurs du retail et du e-commerce, l’acquisition via les moteurs IA (aussi appelés «answer engines») devient un canal digital à part entière, avec ses propres logiques économiques. Les analystes appellent à éviter toute précipitation et à adopter une approche stratégique, comparable aux débuts du dropshipping.
Maîtriser les marges et les données
Trois questions structurantes émergent. D’abord, la rentabilité. Quelle sera l’érosion réelle des marges par canal ? À 7 %, la commission reste inférieure à celle d’Amazon, mais le modèle et les profils clients diffèrent. Ensuite, l’adéquation client. D’après une étude Forrester (Consumer Pulse Survey, décembre 2025), 36 % des 18–29 ans américains ont déjà utilisé ChatGPT pour rechercher des produits, contre seulement 11 % des plus de 50 ans.
Enfin, le contrôle produit. Le « crawling » et le « scraping » limitent la maîtrise des contenus (prix, visuels, disponibilité), ce qui pose des enjeux de gouvernance des données et de pilotage de l’assortiment. Au-delà de Shopify et ChatGPT, la question s’étendra à Google Gemini, Microsoft Copilot ou Perplexity : quels modèles économiques adopteront-ils ? Les frais deviendront-ils un levier concurrentiel ou un standard du marché ?
Pour les directions e-commerce, la recommandation est nette : considérer le commerce agentique non comme une tendance à suivre par effet d’annonce, mais comme un canal à piloter finement. Comme hier avec le « dropshipping », tous les produits et tous les clients ne sont pas adaptés à ce nouvel environnement. La bataille ne se jouera pas uniquement sur la vitesse d’adoption, mais sur la maîtrise des marges et des données.
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