La CNIL a adopté le 12 mars 2026 sa recommandation sur les pixels de suivi dans les courriers électroniques, publiée le 14 avril. Ce texte s’applique directement aux acteurs du retail et du e-commerce qui utilisent des outils d’emailing pour leurs campagnes marketing.
Le principe général : consentement obligatoire
Les pixels de suivi (ces images invisibles insérées dans les e-mails pour savoir si un destinataire a ouvert un message) sont désormais soumis au même régime que les cookies. Concrètement, toute utilisation à des fins d’analyse de performance, de personnalisation de contenu ou de création de profils publicitaires nécessite le consentement préalable, libre et éclairé du destinataire. Pour les e-commerçants, cela vise directement : le suivi des taux d’ouverture pour optimiser les campagnes, l’adaptation des fréquences d’envoi selon le comportement des contacts, et le re-ciblage cross-canal à partir des données d’engagement e-mail.
Deux exemptions importantes pour les opérateurs
La CNIL reconnaît deux cas où le consentement n’est pas requis. Premier cas : les e-mails transactionnels, c’est-à-dire les confirmations de commande, notifications d’expédition, alertes de compte, réinitialisations de mot de passe. Le pixel peut y être utilisé pour mesurer la délivrabilité, à condition de se limiter à la date de dernière ouverture (sans enregistrer l’heure) et de ne conserver qu’une donnée mise à jour par écrasement. Deuxième cas : les mesures de sécurité participant à l’authentification de l’utilisateur.
Un assouplissement notable obtenu par la profession
Par rapport au projet initial mis en consultation en juin 2025, la CNIL a étendu l’exemption de délivrabilité de la mesure «globale» à la mesure «individuelle» du taux d’ouverture. Un gain concret pour les plateformes d’emailing et leurs clients, qui peuvent ainsi continuer à gérer le nettoyage de leurs bases de contacts sans recueillir de consentement.
Trois mois pour se mettre en conformité
Pour les bases d’adresses déjà collectées, les opérateurs disposent d’un délai de trois mois à compter de la publication pour informer leurs destinataires et leur offrir la possibilité de s’opposer aux pixels de suivi. Passé ce délai, le consentement devra être sollicité selon les modalités définies : de préférence au moment de la collecte de l’adresse e-mail, ou via un lien dédié dans un e-mail sans dispositif de tracking.
Ce qui reste inchangé : la charge pour les expéditeurs
L’expéditeur demeure responsable du traitement, y compris pour les pixels intégrés par son prestataire d’emailing. Il est également coresponsable des pixels déposés par des tiers dont il a contractuellement accepté l’intégration. La conformité ne peut donc pas être déléguée à la seule plateforme d’envoi.
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